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340 - Sensations d'Art

Publié le par Arthémisia

 

 
 
Ma dernière lecture….
 
 
Sensations d’Art
Emile VERHAEREN
 
Il est né en Flandres mais écrivait en français. J’en avais appris quelques poésies à la communale (« Voici de vent cornant novembre… »).
C’est peut-être là que se situe la source de mon intérêt pour les textes de critique d’Art de mon « païs », VERHAEREN. Ce livre ne les contient pas toutes : il en a écrit plus de 300, notamment dans des journaux, des revues et des catalogues. Mais les éditions SEGUIER présentent ici un choix passionnant de ce qu’elles appellent les Sensations d’Art.
 
Point de pensum ou de didactique : VERHAEREN est devant le tableau (il a beaucoup visité les musées) et il nous livre son ressenti, le ressenti d’un poète. Pas un cours.
 
La poésie et la peinture sont sœurs. J’en veux pour preuve les mots de VINCI dans son Traité de la peinture : « La peinture est une poésie qui se voit au lieu de se sentir et la poésie est une peinture qui se sent au lieu de se voir. »
 
VERHAEREN est un poète et c’est en poète qu’il se pose. Il maîtrise non seulement le vocabulaire technique de la peinture, la culture de l’histoire de l’Art mais surtout l’intelligence du regard. En cela, il s’interroge sur le but silencieux des œuvres, leur message secret, leur âme, oserai-je dire ?
 
Ses plus belles lignes, il les offre à deux compatriotes.
Nous les retrouvons d’abord dans son amour pour les mystères de REMBRANDT, un REMBRANDT qu’il dit thaumaturge, miraculeux faiseur de Beau, mêlant l’émotion terrestre de la vie la plus totale, la plus palpable, et le surnaturel de la lumière ou de l’évocation d’une présence divine au travers le portrait.
Il faut retenir aussi l’enthousiasme de VERHAEREN pour son compagnon ostendais, James ENSOR, peintre si peu raisonnable – mais que vient faire la raison en cette fin de XIXème siècle ? – qui peint à l’instinct, qui écoute la couleur et la lumière  manger  la forme en des sujets où l’objet insolite et le grotesque de la figure rivalisent crûment.
 
Il paraît évident que les Sensations d’art de VERHAEREN incitent à rouvrir nos livres d’Art ou mieux à nous rendre dans les musées. Il est un poète d’images, non seulement un visuel, un rétinien, mais aussi un visionnaire ; il avait de nombreux amis chez les impressionnistes et dans le groupe des XX et a su, à l’heure où les Arts Plastiques allaient basculer dans les si grands bouleversements du XXème siècle, grâce à un œil affûté et une justesse d’entendement, repérer les meilleurs de ceux qui furent les pères de la modernité.
 
Voilà donc un livre très éloigné des habituelles accumulations soporifiques des critiques d’Art mais plutôt très proche d’une agréable balade au musée au bras d’un guide cultivé, raffiné et intelligent.
 
Cela ne vaut pas la peine d’attendre les journées du patrimoine.
 
Copyright © Arthémisia – avril 2007
 
Illustration : Emile VERHAEREN par James ENSOR
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L
bel exemple bien choisi, qui donne en effet envie departager de telles sensation<br /> deux choses m'ont surprises dans ce tableau, c'est la taille des mains et des avants bras ! Elle ne sont pas"proportionnés" me semble t ilQue nous livre t il ainsi ? de lui , de sa vision de la femme<br /> Je n'ai pas souvenir (ou ne connais pas) l'histoire de Bethsabbée (Beth  c'est la maison en hébreu) mais la seconde chose qui m'a surprise c'est cet homme à ses  genoux, dans le côté sombre du tableau, on ne le voit quasiment pas<br /> Mais sinon j'apprécie ladescription faite de chaires qui pourraient être vues comme fatiguées et ici qui paraissent en effet comme un trésor doré<br /> Merci pour ce passage Arthémisia
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A
bonjour Lung ta,<br /> Je suis heureuse de ton intéret pour cette magnifique oeuvre de Rembrandt.<br /> Effectivment les avant-bras et les mains de Bethsabée y sont hypertrophiés. En avance sur ce qu'allaient faire  des gens comme El Gréco ou encore plus tard les expressionnistes allemands, Rembrandt insiste sur cette partie du corps alors que tous les autres peintres ayant traité ce thème n'avaient qu'idéalisé le corps de Béthsabée. Pourquoi? <br /> Dans l'iconographie religieuse (mais pas seulement) mais à cette époque il n'y avait qu'elle en vigueur, la main est toujours symbole de communication : ainsi la main de Dieu représentée dans certaines annonciations "dit" à la Vierge qu'elle va tomber enceinte de Jésus. Les mains jointes sont toujours prières. La main tendue offrande, cadeau. <br /> Mais la main aussi et surtout un "objet  transitionnel" de la pensée surtout quand elle est symbolique du Mal : elle tient la pomme (voir les représentations d'Adam et Eve)  et ici la lettre que David vient d'envoyer....elle est donc un vecteur du péché!!!!<br /> Sur l'histoire de Béthsabée tu trouveras des extraits de la Bible là http://rene.cougnaud.free.fr/femmesdelabible/Fiches/Bethsabee.html<br /> Quant à la personne qui est aux pieds de Béthsabée, il s'agit de sa servante et non d'un homme : Rembrandt peint le passage où David ayant surpris Bethsabée dans son bain, il lui envoie une lettre....<br /> Eh oui, la Bible est un grand fournisseur de sensualité picturale....!!!!!<br /> sourires<br /> et bises à partager avec qui tu sais.<br /> Arthi
L
Merci pour le cadeau j'aurai l'occasion de t'en reparler par mail<br /> Je parlais en fait d'un exemple de critique de Verhaeren face à l'oeuvre critiquée, pour "sentir" son style, son approche<br /> <br /> Bises et encore merci
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A
Voici un très court passage tiré de la quarantaine de pages que VERHAREN consacre à REMBRANDT. Il y traite de la BETHSABEE du Louvre. <br /> http://lili.butterfly.free.fr/page%20web/images%20web/bethsab.jpg <br /> « Pour Rembrandt le nu apparaît sacré. Il ne l’embellit jamais, même quand il peint Saskia (sa femme). Il est matière dont est faite l’humanité triste et belle, pitoyable et magnifique, douce et violente. Les corps les plus déjetés, il les aime de tout son amour de la vie. Il les rehausse de tout le prestige de sa peinture. Aussi la Bethsabée du Louvre, quoique n’offrant aux regards que des chaires quasi fatiguées, s’illumine, sur sa terrasse, d’une gloire si dorée, qu’elle semble concentrée en elle tout le rayonnement de l’orient. Vraiment fallait-il que la puissance de tendresse de Rembrandt fût énorme pour faire surgir d’un corps que la réalité marquait d’un sceau aussi commun une telle apothéose ! Si STEEN ou BROWER l’avaient peint, ils l’auraient campé en leurs cabarets, tout chargé de sa graisse, tout appesantie sous sa déformation, dans un débraillé cynique et obscène….Pour Rembrandt, au contraire, la réalité n’existe que pour autant qu’il peut la sublimer à force d’y concentrer de l’humanité attendrie et de la vérité profonde et pathétique. Cette vérité ardente et nue, cette humanité simple et grande deviennent peu à peu sa suprème préoccupation au fur et à mesure que les années noires et vides de la fin de son existence l’enveloppent. Voici l’heure où son art est le plus haut…. » <br /> C’est très difficile de rendre compte de l’esprit d’un livre, qui plus est, d’un livre de critiques d’Art en si peu de lignes…. <br /> Bises <br /> Arthi
O
mais moi aussi je le veux ce " petit cadeau" ma grande amitié doit être récompenséeBizoux
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A
il est en route....<br /> bises<br /> A.
L
La scène d'OrchiMauve au bras d'un critique d'art dans un musée, penchés l'un vers l'autre, regardeurs entourés de voyeurs<br /> bon une pensée fantasme comme cela en passant ;-)<br /> Je voulais dire que j'aime bcp cette peinture entre fauvisme et Van Gogh (héhéhé je fais de l'art brut hips ;-) )<br /> Arthémisia tu ne pourrais pas nous mettre un petit extrait face à une oeuvre, histoire de regader, heu de lire...<br /> Bise
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A
A moi aussi la peinture d'Ensor "parle" d'autant queje suis née pas loin de chez lui...<br /> Il y a quelques uns de mes travaux sur ce blog..cherche...mais je peins peu (boulot, boulot, boulot...) et ai du mal à montrer ce qui est trop moi (beaucoup plus que mes écrits).<br /> je te promets un petit cadeau prochainement...<br /> Bises<br /> Arthi
O
Moi aussi j'ai appris ses poèmes à la comunnale, comme tu dis, mais je ne le connaissais pas critique d'art. Tes citations me le rendent très sympathiqueJ'ai eu la chance de parcourir des musées au bras d'un critique d'art, moins connu, mais talentueux, et j'ai découvert ainsi toute la peinture contemporaine et l'autre.Quels bons souvenirs(Je suis parfois sérieuse, dans les musées)Bizoux
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A
Les musées ne sont pas des tombes : ils accueillent la vie, celle des spectateurs, des regardeurs (dixit Marcel DUCHAMP), ceux qui font exister les oeuvres. Une oeuvre qui reste dans un placard est une oeuvre éteinte, morte...<br /> Il se passe parfois des choses passionnantes entre regardeurs et oeuvres...<br /> merci de ton commentaire, coquine Orchidée!!!!<br /> Bise<br /> Arthi