348 - Les Chemins qui ne mènent nulle part (1)*
Chapitre 1 :
La chambre consommée.
A. pénétra dans la chambre.
Elle sentait la femme. Pas celle des propretés savonnées, des laits corporels étalés, des cheveux parfumés. Pas celle des matins de printemps, des fraîcheurs
Elle sentait les grottes humides et non ventilées. Celles des forêts sombres, des chemins qui s’arrêtent soudain dans le non frayé, des chemins qui ne mènent nulle part.
Elle sentait l’amour, mais pas tout à fait. Elle sentait sa ressemblance, sa part femelle seulement, une sorte de moitié. Consommée. Et aussi la lourdeur d’une frustration, d’un petit défaut, d’une continence, d’un manque.
Elle avait les yeux fermés mais elle ne dormait pas. Son souffle n’était pas celui d’un sommeil recueilli, cette respiration quasi enfantine que certaines femmes retrouvent dans le sommeil, un calme. Il y traînait encore un rythme, une pesanteur, une présence trop forte. La sienne.
Quand il souleva la couette pour se glisser nu à ses côtés, l’insolence de sa masturbation récente lui sauta aux narines comme un embrun breton.
Il se colla contre son dos.
Elle sut tout de suite qu’il savait.
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