349 - Les Chemins qui ne mènent nulle part (2)*
Chapitre 2 :
Suintement
Ils restèrent ainsi, collés l’un à l’autre, un quart d’heure, une demie heure peut-être. Aucun d’eux ne bougeait.
La respiration de M. gardait cet esprit de veille, et bien qu’un peu plus lente, ne disparaissait pas assez pour qu’il la crut
endormie.
On aurait presque pu imaginer que lui l’était, car, depuis qu’il s’était allongé contre elle, il n’avait non seulement pas soumis son corps
au moindre mouvement, mais, son souffle semblait mort aussi.
Ils étaient cependant tous les deux très vivants, tendus dans une écoute simultanée du silence de l’autre, convoitant le plus petit
frôlement de tissu, le plus modeste frottement de peau, le plus infime mouvement d’air.
A. savait qu’entre ses fesses, contre lesquelles il était collé, suintait le liquide qu’il aimait tant y voir perler. Depuis plus d’un quart
d’heure ses pensées y nageaient.
Copyright © Arthémisia - avril 2007
Illustration : photographie personnelle
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