356 - Les Voyelles rimbaldiennes
A noir, E
blanc, I rouge, U vert, O bleu :
voyelles,
Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,
Golfes d'ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes,
Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d'ombelles ;
I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;
U, cycles, vibrements divins des mers virides,
Paix des pâtis semés d'animaux, paix des rides
Que l'alchimie imprime aux grands fronts studieux ;
O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
Silences traversés des Mondes et des Anges :
- O l'Oméga, rayon violet de Ses Yeux !
Evidemment, RIMBAUD....
Il y a eu de multiples interprétations de ce célébrissime poème.
Laissez-moi vous soumettre celle-ci.... trouvée là...
En 1961, M. Robert Faurisson, professeur dans un lycée de province, publia sans nom d'auteur dans la revue Bizarre, numéro spécial, 4ème trimestre 1961, (J.J. Pauvert, éd.), une interprétation du sonnet des Voyelles infléchie dans le sens d'un érotisme systématique. En effet selon M. Faurisson, le sonnet qui nous occupe est "un blason de la Femme, de la Femme vue de haut en bas". M. Faurisson continue ainsi : "Les formes des voyelles suggèrent les "formes" de la Femme. De plus l'évocation se fait "in coïtu", du "point de départ" à l'extase, du commencement à la "pointe" du sonnet, ou pour parler comme Rimbaud, de "A" jusqu'à "O". Si bien que "Voyelles" peut se résumer par le schéma suivant :
Suivent dix-huit pages de commentaires à la faveur desquels M. Faurisson en arrive à nous proposer de lire à la place de Voyelles sa traduction à lui qui est Vois-Elles.
Avec : photographie personnelle
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