428 - Sur la route
Partons ! C’est de saison, partons, Sur la route, avec Jack KEROUAC. Et accrochez vous bien !
Il ne s’agit en aucune façon, dans ce que certains voient comme le livre clef de la Beat Generation, du récit de banales
transhumances estivales et touristiques.
Ce livre est avant tout le produit de ce que KEROUAC appelait lui-même la littérature de l’instant, celle qu’il
pratiqua lors des multiples traversées des USA qu’il effectua dans tous les sens en compagnie de William BURROUGHS (dont je vous ai parlé dans mon article du 29/06/07, Le Festin
nu) et Allen GINSBERG (autre chantre du mouvement beat). En naît une écriture spontanée, directe, brute et brutale, mais surtout intime, comme le sont les mauvais garçons qui peuplent ce
livre, notamment ses deux héros, Sal et Dean, clochards célestes (du titre d’un autre roman de KEROUAC) en pleine quête d’absolu.
Leur fraternité (au sens religieux du terme) les conduit de ville en ville, errant d’amours déçus en rencontres des plus loufoques, d’expériences alcooliques à la consommation de drogues, et fait d’eux les arpenteurs d’une humanité en détresse, au rythme d’un jazz sauvage et d’une route parcourue à tombeaux ouverts.
Leur fraternité (au sens religieux du terme) les conduit de ville en ville, errant d’amours déçus en rencontres des plus loufoques, d’expériences alcooliques à la consommation de drogues, et fait d’eux les arpenteurs d’une humanité en détresse, au rythme d’un jazz sauvage et d’une route parcourue à tombeaux ouverts.
KEROUAC peint, à fresco (technique qui demande de la rapidité d’exécution), en utilisant la chaux la plus vive
et les pigments les plus chargés, une Amérique chaude et triste, où les grands espaces et l’homme sont unis dans une euphorie extatique où se profile un certain romantisme : la Nature est
omni présente, et la religion, ou en tous cas un profond mysticisme, trouve sa place dans les descriptions que KEROUAC fait de l’homme émerveillé dans cette Nature sauvage.
Evidemment, c’est aussi le récit d’une époque, celle d’une (r)évolution sociale importante, celle qui vit se développer aux
USA et en Europe des philosophies non matérialistes (KEROUAC fut même tenté par le bouddhisme), rejetant les valeurs traditionnelles au profit d’une béatitude qui tenta de rendre l’homme plus disponible à une nouvelle perception du monde, d’une osmose plus grande entre le monde, l’homme et le
religieux.
Juste une citation, en passant :
" Les seuls gens qui existent sont ceux qui ont la démence de vivre, de discourir, d'être sauvés, qui veulent jouir de
tout dans un seul instant, ceux qui ne savent pas bailler."
Simple constat : l’Amérique de KEROUAC semble avoir aujourd'hui perdu beaucoup des pétales de son Flower
Power…
C'est surement plus facile de bailler que de brailler...
Copyright © Arthémisia – juillet 2007
Avec : Dessin de Jack KEROUAC
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