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498 - La Rive

Publié le par Arthémisia

 
 
 
Tu marches.
Arpenteur. Tu marches dans la forêt.
Elle te gagne. Elle t’a gagné.
Ses chemins te guident. Ils sont tes traces, ta voie. Ton lacis amoureux. Ton all-over.
 
Des arbres morts jalonnent tes nuits sans fin. Un craquement plus sec, plus nerveux n’arrive même pas à t’arrêter.
Tu marches.
 
Tu n’as pas de crainte, ni celle des feuilles sanglantes, ni celle de la terre d’ombre, ni celle du silence jaspé des pierres.
Tu n’as même pas la crainte de toi-même.
Tu marches.
 
Que cherches tu ? L’air parfumé par la peau ? La pierre caressée par la main ? La mousse arrachée par l’iris ? Le bois cassé par l'oreille?
Tu cherches toujours. Tu cherches encore.
Tu marches.
 
Et soudain l’eau, la berge.
Tes pieds s’enfoncent. Tu sens le monde. La rive se rend maîtresse de toi. 
Piétine là ! Piétine la encore !
Jusqu’à la faire jouir.
 
Copyright © Arthémisia - octobre 2007
 
Illustration : Gustav KLIMT - Le bois

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ren 17/05/2011 21:53



Et toi, comment as tu perçu le rive ? 


après  les "conditions  d'un échappement  ?"...



Arthémisia 17/05/2011 22:01



Impossible de parler de ça ici, Ren.


 



Karine 14/10/2008 21:53

Je me suis mal exprimée. je voulais dire que ça fait tellement réel.Xxx

Arthémisia 14/10/2008 22:31



Mais justement, Karine, je crois que ces arbres sont trop porteurs d'une interprétation personnelle de Klimt pour faire "réels". Ils sont ce qu'il a vu,
perçu, senti et pas du tout un réel.Je les sens habités d'un mystère, d'un secret, d'un au-delà inconnu.



Karine 14/10/2008 18:03

Quel tableau magnifique de Klimt, il n'y pas que les visages qui ont l'air photo mais aussi les arbres.Merci Arthémisia.Ton texte est tellement vrai. Je dirai juste ouvre ton corps, ouvre ton coeur, ouvre tes yeux, tu vois... tu respires.

Arthémisia 14/10/2008 21:48



Je ne trouve pas que Klimt fasse "photo". Il livre une interprétation très personnelle de la forêt, où il introduit du mystère par un  travail
de  couleurs qui se fondent, et dans une effet de danse quasi magique des troncs. Il en fait une personne.

Quant à ce texte, il est celui d'une quête d'air, d'une échappée, d'une aventure, d'une découverte....libre. 
Merci de ton passage, Karine



Mahina 31/10/2007 20:38

Je marche et je rêve...Je rêve et je marche...Les pas au rythme de la penséeLa pensée au rythme des pas...Les pas se font mots, les mots se font phrase, les phrases se font promenade,  et la forêt ne sera pas assez grande pour que la pensée s'arrête... Seul le sommet ou le lac viendront interrompre l'enchainement, et la contemplation prendra la place aux idées... les mots se feront murmure puis silence..........

Arthémisia 31/10/2007 21:05

La contemplation prendra la place aux idées....
Quelle jouissance que le regard, Mahina. Tu as grandement raison sur ce silence particulier.
bises
Arthi

volti 31/10/2007 09:38

Veille à ce que l'espace tissé entre les arbres de notre forêt ne nous eloigne pas tout à fait de la source, qui autrefois nous sauvait, nous delectait, nous rassasiait...
volti, inspirée aussi par la ballade en forêt ;-)et qui aime beaucoup Klimt...

Arthémisia 31/10/2007 09:47

La forêt, notre forêt peut effectivement devenir envahissante au point de nous faire oublier le meilleur. Je connais des forêts d'immeubles, des forêts de paperasses, des forêts de c...(pour ne citer que celà...)
Mais la forêt, celle de nos  arbres,  est aussi parfois notre refuge...pour pleurer, un peu comme un vrai ami avec lequel on se sent bien, et en osmose, avec lequel on partage, on communique, et qui nous accompagne.
Tout dépend simplement du rapport que nous entretenons avec les arbres, les feuilles, la terre, le Monde.
bises
Arthi

Gérard fleur bleue 30/10/2007 18:05

Tout à fait, Arthi, mais ne pas oublier de recommencer !

Arthémisia 30/10/2007 18:21

Tu dois savoir comme moi que la vie est amnésique parfois, fleur bleue....
je t'embrasse fort
Arthi

Gérard fleur bleue 30/10/2007 15:33

Marche ou rêve
jusqu'à l'infini
toujours, sans trêve,
jusqu'à l'oubli...

Arthémisia 30/10/2007 15:35

La jouissance n'est elle pas une sorte d'oubli, fleur bleue?

Un lit un a joues T 30/10/2007 14:40

Je marche, Je marche, Je marche, Je marche, et je fatigue...un banc siouplé!!!

Arthémisia 30/10/2007 14:43

Petit(e) joueur(se) !
sourires et bises
Arthi
PS : Le lit, hein? Et ta joute ? Eh !

. 30/10/2007 10:09

Au moins dans ton histoire rien ne sépare de la matière...

Arthémisia 30/10/2007 10:14

C'est même la revendication principale de ce texte.

juliette 30/10/2007 08:20

je marcherais volontiers aux côtés de ce promeneur poète....Le texte est-il de Machado ou de toi.De toute façons, merci de nous le donner à lirebisousO.

Arthémisia 30/10/2007 08:24

Non, non! Ce texte est de moi!!!! Et je tiens beaucoup à cette maternité là !!!!!!!!!!!!!!
C'est celui que m'envoie M&A qui est de Machado.
bises
Arthi

M&A 30/10/2007 01:23

Marcheur, il n\\\'y a que tes pas, Pour faire le chemin où tu vas, Marcheur, il n\\\'est pas de chemin, Que celui que tes pas vont faire. Et quand tes pas font le chemin, Jamais plus tu n\\\'emprunteras Le sillon qui déjà s\\\'efface, Lorsque tu regardes en arrière Marcheur, il n\\\'est pas de chemin, Mais des sillages sur la mer.
de Antonio Machado
traduction de P-Y Gomez

Arthémisia 30/10/2007 06:38

Je suis extrèmement attachée à ce poème de Machado qui  fait partie de moi depuis bientôt 3 ans...
Merci de m'en proposer une relecture ce matin.
Je t'embrasse.
Arthi

jc 21/10/2007 07:00

la promenade t'inspire  joliment

Arthémisia 21/10/2007 14:25

La Nature est une source inépuisable d'évocations.