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1029 - Brêves de fin septembre 2009

Publié le par Arthémisia

On y croit.... 

 

"Je marche dans le soleil.
Quand tout va mal, quand tout va mal, le bien, le beau ne sont jamais très loin."

@ Max 

 

 

"Ne renonce pas, il n'est jamais trop tard"
@ Anonyme
 

 

"Mémoire,quand tu nous entreprends,ou nous mènes tu?"
@ entité 

 

"J’ai le jus de ton écorce entre mes dents."
@ B.

 

Et la vérité est peut-être plutôt là ....?:

« Il y a un grain de raisin qui pourrit

Un verre d’eau renversé

Et mon crâne vidé.

Regarde bien. »

@ Semeuse

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1028 - La Loi des loin

Publié le par Arthémisia



 

La loi des loin est bien la plus cruelle.


Elle écarte les bouches,


Elle fait fuir les mots.


Elle détruit les légendes,


La légèreté du vol,


Les clartés assoiffées,


Les précieux improbables.


A se nourrir de vers.


Elle obèse le temps,


Adéquate distance


Aux jours qui n’ont plus d’île.

 


Copyright © Arthémisia – sept 2009

 

 

Avec : Tacida DEAN – Kodak 2006

Capture d’écran - Copyright © Arthémisia
juillet 2009 – Centre Pompidou.

 

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1027 - Derrière le mur

Publié le par Arthémisia



 

Il y avait toujours ce mur, ce mur fin et sans porte. Ce mur blanc, et mou.

Elle avait d’abord cru qu’il était d’eau, de pluie, peut-être de fumée. Mais il était inerte.

Au travers, parfois, elle croyait apercevoir son ombre, son ombre à lui, cerclée dans une mandorle bleuâtre.

Ce mur, jour après jour, se recouvrait de mots, de haut en bas, sagement d’abord, puis très vite dans tous les sens, de mots et de dessins. Papier vain.

 

Aujourd’hui elle sait très bien qui est derrière ce mur. Elle l’entend respirer : un souffle nasillard.

Le mur est fin. Si FIN. 
Surtout ne pas s'y appuyer.

Copyright © Arthémisia – Sept 2009

Avec : Jean Michel  BASQUIAT – Sans titre - 1981

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1026 - Assez

Publié le par Arthémisia



 

   Quand vous en aurez assez des divertissements mièvres, des machines à s’esclaffer, des programmes d’évasion tirés à des millions d’exemplaires,

   Quand vous en aurez assez de ces brèves caricatures de carnaval de Rio qui vous invitent à oublier en quelques heures vos misères morales de toute l’année,

   Quand vous en aurez assez de cet audio-visuel où tant de vedettes ont le visage bouffi et sudoripare de ceux pour qui surenchérir dans le crétinisme est un métier en or,

   Quand vous en aurez assez de ces journaux où serpente lubriquement le désir de vous suborner, de vous allécher ou de vous violer,

   Quand vous en aurez assez de voir les boules du Loto faire office d’espérance sur terre, entre la mort de Dieu et la morgue des astrologues,

   Quand vous en aurez assez des moyens que vous offre la société pour tuer le temps, alors que ce temps vous auriez bien envie de n’en perdre ni une goutte de son nectar, ni une miette de son ambroisie,

   Quand vous en aurez assez de la frivolité érigée en planétarium de parlotes et retombant, flasque, en pluie de lieux communs, dans les réunions de plus de deux,

   Quand vous en aurez assez d’écouter ceux qui n’ont rien à vous dire de l’ordre de la splendide subversion d’être,

   Quand vous en aurez assez des antidépresseurs,

   Quand vous en aurez assez de ne tressaillir du corps et de l’esprit qu’en vertu des médiocres titillations que vous sont vendues à cet effet,

   Quand vous en aurez assez de croire, sur la foi mauvaise de ceux qui en tirent profit, que la paresse est un droit délicieusement moderne, dont l’énergie serait la désuète et fatigante contre-indication,

   Quand vous en aurez assez de tout cela, puisse alors vous effleurer, ne serait-ce que vous effleurer, l’idée qu’il doit bien y avoir quelque part une autre façon de vivre, même si cette façon, son souci n’est pas d’avoir bonne réputation.

   Même si on a toutes raisons de penser qu’elle est plus souterraine qu’ostentatoire, parfois invisible à l’œil nu, discrète dans la rue, passante indistincte, fascinante comme par inadvertance.

   Et j’ai l’intuition que dans cette autre façon de vivre, il se passe des choses qui défient l’entendement, plus souvent qu’à leur tour. Certes, les signes extérieurs de richesse y sont bannis, ainsi que le racolage spirituel, ou la course au paraître. De prime abord, on dirait une gravité, mais alors très animée, avec de l’effervescence, beaucoup d’effervescence à l’intérieur. Une gravité qui aurait tordu le cou au sérieux, et festoierait sur sa dépouille. Une gravité qui apprendrait à son sous-sol à faire la fête et aurait elle-même, à l’occasion, des jambes de danseuse sous un rein de félidé. Une profondeur peuplée, parfois encombrée, un vaste chantier où on s’activerait, sans répit, à des projets de stricte nécessité, comme l’évitement des gâchis de l’existence. Tous les arts y sont permis, pourvu qu’ils s’opposent à la médiocrité générale. Je veux dire par-là qu’il doit bien y avoir aussi, quelque part, une autre façon de se sentir léger, inconnue dans le monde des cochons climatisés, ou des grutiers du bonheur. Qu’il doit bien y avoir d’autres façons de prendre du plaisir, de souffrir, d’espérer, de penser, de dépenser, d’aimer, de haïr, et d’aller à la rencontre du vieillissement et de la mort.

   Je veux dire par-là, enfin, qu’il doit bien y avoir, quelque part, une autre façon d’être ensemble, de partager, d’échanger. Et même qu’il doit bien y en avoir une, quelque part, qui, issue de la scatologie primitive, a su se construire cette pyramide de toutes les sensations à la pointe de laquelle on peut distinguer, par temps clair, ce qu’est une vie vécue en ce qu’elle a d’essentiel, non en ce qu’elle produit de résiduaire. Il doit bien y en avoir une. C’est ce que je me dis, quand je n’en ai pas encore assez de voir la Beauté aider à se tenir debout les porteurs de leur propre histoire, devenue écrasante, arrivée à son terme.

 

Marcel MOREAU – Lecture irrationnelle de la vie

 

Avec : Sol LeWitt – Pyramide à quatre côtés

1999 - Blocs de bétons et mortier

Jardin des sculptures d’Art – Washington D.C.

 

…et parce que vous êtes en haut de ma pyramide.

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1025 - L'Art de bien mourir*

Publié le par Arthémisia


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1024 - Sucre-âge

Publié le par Arthémisia

 

 



Sur le papier Candi


Le mot-peau


Me fait perdre connaissance.


Où me mène ma mémoire ?


Où est mon ignorance ?


Ce soir, nous avons dix sept ans


Et le lit est de sucre.

 


Copyright © Arthémisia- septembre 2009


Avec
 : Maurizio CATTELAN – All (extrait)
2008 - KunstHaus de Bregenz - marbre

Photo de Markus TRETTER

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1023 - Surtout et en tous sens *

Publié le par Arthémisia



 

Surtout ne dormir que mouillés de nos rêves.

Surtout laisser couler le cri.


Surtout abreuver le sexe au sexe

Le sexe à la bouche.

Surtout sur toi.

Un matin interdit,


Cueillir ton blanc.

 

Surtout sous toi.


Toujours. Surtout.

Nous.



Copyright © Arthémisia – Septembre 2009

 

Avec : Chaise Panton – Verner PANTON

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1022 - Ouverture ...(Hommage à Willy RONIS)

Publié le par Arthémisia

 

 





Mais qui a laissé la porte du placard ouverte ? C’est insupportable !

L’apocalypse !

Les draps, les serviettes, empilées, avec soin, méthodiquement, hachurent l’oeil.

Taille par taille. Couleur par couleur. Ce que c’est sage ! Ce que c’est beau ! Im-pec-ca-ble !

La rigueur, l’ordre, celui qui ne déborde pas, surtout pas.

Pas de sentiment.

Pas de hors champ.

Rien de travers. Une humanité amidonnée et raide comme la justice expose, explose ses couleurs, ses rayures, son drapeau.

 

On les croit sages, les placards, mais ce sont des vicieux car dès qu’on oublie de fermer leur  caquet leur porte, ils n’en font qu’à leur tête. Qu’à leurs dents.

A moins qu’ils n’aient reçu des ordres ? Celui-là à l’air si bien dressé. Militaire. Ca ne m’étonnerait qu’à moitié…

Il nous intime son ordre : RANGER !

 

La béance de son con cri coloré a déjà envahi la pièce, se jette sur nous, nous agresse, veut nous dévorer. Sglurp !

« Ca va être ta fête ! » hurle la bouche  furieuse de tous ses feux.

 

Alors on a envie de fuir à toutes jambes comme d’un 14 juillet, de courir, courir vite, n’importe où.

 

Nous pensions, le corps bien calé au fond de nos coussins, décrocher, décrocher, partir, voyager, sans fric et sans scrupule, au-delà du sage, nous abandonner au rêve sinusoïde de l’image fabriquée in cerebrum.

Il semble pourtant que ce ne soit  pas le moment  de tourner quelques pages avec douceur, de nous livrer au stupre d’un désordre littéraire, d’un fouillis des neurones.

Alors bondir. Alors rugir ! Alors faire la guerre ! Alors shooter violemment dans la porte de la raison en hurlant un juron.

 

Et revenir nous caler au fond de nos coussins, décrocher, décrocher, partir, voyager, sans fric et sans scrupule au-delà du sage, nous abandonner au rêve sinusoïde de l’image fabriquée in cerebrum.

 

Ouvrir.

Ouvrir le livre.

 

 

Copyright © Arthémisia – Juillet 2009

 

Avec : Estelle – Paris 1999 - Willy RONIS décédé ce samedi 12 septembre 2009

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1021 - Gibier

Publié le par Arthémisia



 

« Il y a des femmes qui, plus elles vieillissent, plus elles deviennent tendres. Il y a aussi les faisans. »

 

Paul Jean TOULET

 

Avec : Claude MONET – Faisans et pluviers. (1879)

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1020 - N'être

Publié le par Arthémisia



 

Bien au-dessus des tombes


Dans les lignes utérines que chante ta bouche


Je nais.

 

Copyright © Arthémisia – septembre 2009

 

Avec : Otto WOLS – Sans titre

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