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Articles avec #toi & moi tag

1549 - Mieux?

Publié le par Arthémisia

 

http://rs.musee-rodin.fr/filestore/7/9/0_b645629d3f3d1a9/790oeu_f66ac4e198a79f5.jpg?v=2010-12-14+20%3A08%3A21

 

 

 

 

-        «  Tu ne trouves pas que les jours sont bizarres ? »

 

-        « Pourquoi ? »

 

-        « Les jours n’existent pas. »

 

-        « C'est peut-être mieux?...»

 

 

© M. et Arthémisia – nov.2011

 

 

Avec : Les Causeuses (1897) – Camille CLAUDEL (1864-1943)

Onyx et bronze – Musée RODIN

Crédits photo : © ADAGP, Paris, 2011

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914 - Prêt à tout*

Publié le par Métastable & Arthémisia

 

 

Ecrit en duo en réponse à une  sollicitation de  Métastable.


 

Es-tu prêt ? Es-tu prêt à courir derrière moi, à couvrir derrière moi la page des secrets ?


Es-tu prêt, à tout dire, tout faire croire, me faire croire que le ciel est d'orange et la vie de lait tiède ?


Es-tu prêt à mentir, à risquer, à rager et crier, à venir urgemment aux pieds de mes  pensées de marbre ?


Es-tu prêt à monter dans les fleurs des déserts, à nager dans les pluies des peaux nues ? A couler, peut-être ?


Es-tu prêt à te taire, à parler, à chanter, à danser, les nuits prussiennes et rouges du venin de nous deux ?


Es-tu prêt à manger les oiseaux du Mystère ?


Es-tu prêt à partir avec eux ?


Copyright © Arthémisia - avril 2009

 

 

J'ai déchiré les cocottes et les avions en papier, dispersé le sable des châteaux forts, couché les tourelles, les donjons, les murailles et le pont-levis. J'ai tué la chimère qui crachait ses flammes.


J'ai renversé les verres enivrants, éclairé les nuits d'encre, répondu aux questions, chassé les douleurs diffuses et sourdes pour n'en garder que l'exquise.


Je t'ai osée. J'ai violenté les mots, malmené les phrases, écrit de la mauvaise poésie et de la prose détestable mais avec passion.


Je t'ai imaginée en liane qui s'élève vers la  chaleur et la caresse des cent soleils que nous connaissons, j'ai pour toi la vie à cent à l'heure et pour cent sept ans.


Je veux chavirer avec majesté dans les enlacements, périr corps et âme dans la sensualité à fleur de peau.


Je percerai avec toi les lieux baignés de mystère, d'Éleusis à Cybèle, aux quatre points cardinaux en faisant les quatre cents coups et en évitant les quatre chemins.


Les oiseaux voleront autour de nous en criant, en suppliant.


Je m'en délecte à l'avance, alors, oui je suis prêt à m'en aller avec eux !


Métastable

que je remercie.... 


Avec : Henri MATISSE - Icare

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850 - Tuer la mort

Publié le par Entité et Arthémisia

  

 

 

Le gris pleut sur la mer des angoisses.

La nuit disparait dans les vapeurs de ta nausée.

Ton esprit est étendu, brisé de fatigue.

D'étranges oiseaux de pierre dansent.

Des yeux t'épient ; tu t'enfonces dans ta terre.


Libéré de ton corps à l'espace attaché, ton âme vogue vers elle, puise à la fontaine
de sa vie la jouvence inespérée.

Sans qu'elle le sache, elle aura touché du bout des doigts, ce que tu ne peux saisir à pleines mains, l'espoir.


@ Entité


Son prénom est guerrier. Ils vont le savoir, ces monstrueux oiseaux qui tournoient sur tes terres. Elle a sorti son flingue. Préviens-les ; quand elle était petite, elle battait son père à la fête foraine sur les stands de tir. Dézinguer, elle va tous les dézinguer.
En faire des confettis d’or, qui bronzeront ton ciel.

Tu n’auras plus mal, ni au cœur, ni à l’âme. Jouir de sa mort, cela ne se fait pas. Tu dois être sérieux. Tu n'es  plus un enfant même si tu aimes le bercement des femmes.

Elle est  ton espoir ? Garde la bien. Il se peut que du bout de ses doigts elle tienne à toi bien plus que tu ne crois.

Regarde, il pleut de l’or. Les oiseaux gris sont morts. Et ces vapeurs ne sont plus que celles de ton cigare qui dansent sur son corps.

 

Copyright © Arthémisia - janv 2009 



Avec
: Tippi HEDREN dans le film Les Oiseaux d'Alfred HITCHCOCK

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831 - Dis lui non!

Publié le par Entité et Arthémisia

 


Elle était si féminine, souriante, accueillante, nue dans sa transparence.
- Je t'attends me dit-elle. 

Elle était vêtue d'oripeaux clairs-obscurs qui ne cachaient rien de sa vérité.
- Je t'attends me dit- elle.

Mais qui es-tu, toi, si belle, si laide? 


@ Entité

 

Mes pinceaux, mes crayons, aboieront si fort qu'ils l'assourdiront.

Mes mots seront si verts, si crus qu'ils brûleront son œil rouge.

Mes pensées si veloutées éteindront son clair-obscur.

Mes prières naîtront dans un ventre qu'elle n'a pas.

J'écraserai sa montre, la Rolex de toc, lui couperai les mains, ses mains si faussement accueillantes et me promènerai nue pour lui faire honte.

Elle grimacera, femelle de pacotille. Elle ne sera que laide, épaisse et s'enfuira.

L'attente n'est pas sienne.

Crois-moi.


Copyright © Arthémisia - Déc 2008

Avec : Jim DINE – Rancho Woodcut Heart

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813 - De l’importance de l’orthographe

Publié le par Jean Marc et Arthémisia

 

Jean Marc m'interrogeait récemment sur la présence du « H » dans mon pseudo, H qui n'existe pas dans le nom de la déesse de la chasse, l'Artémis grecque, ni dans le prénom de la demoiselle peintresse Gentilleschi qui ont pourtant toutes deux beaucoup influencé mon choix.


J'ai avancé le fait que quand j'ai arrêté l'orthographe de mon pseudo, j'ai senti une nécessité de souffle, d'inspiration, d'aspiration. Aujourd'hui Jean Marc m'emmène bien plus loin...peut être même aux sources de mon inspiration : je vous recopie intégralement l'article qu'il m'a envoyé comme réponse et qui vraiment ne pouvait me laisser indifférente ...


Avant d'annoncer à Abram et Saraï, alors âgés respectivement de 99 et 90 ans, qu'un fils naîtrait de leur union, D.ieu* établit une alliance avec le patriarche. L'Eternel en profite pour changer le nom des membres du couple.


"Moi, voici mon alliance avec toi : tu deviendras père d'une multitude de peuples. Et l'on ne t'appellera plus Abram, mais ton nom sera Abraham, car je te fais père d'une multitude de peuples."
(Gn, 15, 4-5)


Plus loin, dans le récit biblique, El Chaddaï annonce à Abram/Abraham :

"Ta femme Saraï, tu ne l'appelleras plus Saraï, mais son nom est Sarah. Je la bénirai et même je te donnerai d'elle un fils ; je la bénirai, elle deviendra des peuples, des rois des nations viendront d'elle." (Gn, 15, 15-16)


Après avoir écouté D.ieu, Abram/Abraham tomba face contre terre et sourit (vaytsh'ak). De ce premier sourire de la Bible, devait naître un enfant. Son nom serait ce sourire : Itsh'ak / Isaac.


En revenant au format originel du texte, en hébreu, il apparaît que, dans les deux cas, le changement de nom opéré procède de la même opération : l'adjonction de la lettre "hei" (ה) qui figure deux fois dans le nom imprononçable de D.ieu, le tétragramme : יהוה


En partageant avec Abraham et Sarah la lettre figurant deux fois dans son nom, l'Eternel scelle l'alliance (berith) de l'esprit. Or, le "hei" désigne en hébreu tout à la fois l'article défini (le/la) qui particularise, le féminin (ich : homme / ichah : la femme) et la direction (vers). Mais, "hei" désigne aussi la marque du questionnement.

Dans son ouvrage consacré à Abraham
, Raphaël Draï, spécialiste de la Torah et natif de Constantine, souligne également que la valeur guématrique de la lettre "hei" est de 5, soit le point médian qui coupe en 2 parties d'effectifs similaires l'ensemble des chiffres non nuls de 1 à 9. Il est symbole de médiation, donc. La bonne nouvelle est là : la stérilité du couple Abram/Saraï est vaincue, ils auront un (chiffre) fils, Isaac, premier sourire du Livre. D'Isaac naîtront des multitudes (nombres).


J'aime cette idée qu'une alliance entre D.ieu et l'homme s'incarne dans une lettre.

J'aime aussi que cette lettre induise une polysémie où se mêlent le questionnement et la direction à prendre. Est-ce pour chercher le féminin ou le divin en chacun de nous, ou hors de nous ?

 

 

Et moi, depuis la lecture de ton article Jean Marc, j'aime encore plus la présence de ce « H » dans mon pseudo, car je me retrouve totalement dans l'idée de la présence spirituelle, de la naissance dans une lettre (dans les lettres...), l'idée de la multiplication par la femme et l'idée d'aller vers, d'ouverture à l'autre.


Et ce « H » je le vois aussi comme un révélateur voir une revendication de ce que d'aucuns appelleront bêtement ma féminité, qui en fait n'est que la part de rêve, de sensible et d'ouverture au Beau et au profond, qui malheureusement m'éloigne d'une sphère sociétale avec laquelle je me sens de moins en moins d'affinités.

Heureusement, il reste encore quelques fous...inspirés et aspirants, souriants... pour me donner de l'air. Ils se reconnaîtront  sans peine.

Merci Jean Marc....   
  
                        

*Jean Marc propose cette l'orthographe du mot D.ieu (avec un point après la majuscule D) parce que chez les Juifs, le nom du Créateur appartient au domaine de l'ineffable. A fortiori, il ne doit en aucun cas s'écrire de façon explicite.

Le point est pour lui une ruse, une manière de rendre explicite le propos tout en respectant la règle prescrite.

Il (et moi aussi !) trouve une certaine beauté à procéder ainsi.



Copyright © Arthémisia - décembre 2008

Avec : Artemisia GENTILLESCHI - Autoportrait

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699 - Duo automobile

Publié le par Bleu Virus et Arthémisia

Avec Bleu Virus...

 



Elle portera les bijoux de ton espoir bleu.

Et toi tu l'aimeras, sur la banquette arrière

En skaï noir.

Et vous tirerez les stores sur vos échouages doux

Car il faut de l'Amour,

Pour bien tenir le coup.
 



La lumière sera parfaite,

Les anges convoqués,

La terre s'arrêtera de respirer,

Le soleil stoppera sa course apparente,

Mille cris d'oiseaux retentiront,

L'espoir changera de camp,

Pour une lune nouvelle

et l
e temps d'un printemps!

Il faudra tenir le coup.

 

Copyright © Arthémisia - Juin 2008

Copyright © Bleu Virus - Juin 2008

Avec : Jean Paul BELMONDO et Jean SEBERG dans le cultissime A Bout de souffle de Jean Luc GODARD

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561 - Le Nectaire

Publié le par Al et Arthémisia

Avec Al...
 
 

La mélancolie blonde habitait en sa bouche.

 

De sa langue rose il n'osait l'attoucher.

 

Elle s'offrait à lui, comme un pistil de printemps

 

Mais sa peau innocente abritait le péché.

 

Le poudrin de son œil sut, lui, prendre le temps

 

D'humecter son nectaire aux senteurs suaves.

 

Et, du bout de ses doigts fébriles, d’effleurer la vulve érectile.

 

Dans la résille sucrée, la merveille répondit :

 

Oui…oui

 

Juste l'instant d'une évanescente pulsion ; l'étrange douceur  la pénètre.

 
 

 Copyright © Arthémisia - janvier 2008

et Al MAURY  (que je remercie)
 
Avec : Robert MAPPLETHORPE - Arum

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543 - AL + A.

Publié le par Al et Arthémisia

 
Cela fait bien longtemps que je n'ai eu un partenaire de mots...
Al. Maury  s'est prêté gentillement au jeu des haïkus ...
Je t'embrasse, AL.
 
 
Au ciel de sa peau
Le miroir aux alouettes
Détruit l'âme pure
 
 
-o-
 
 
En vagues douces
A l’histoire de son corps
Candeurs exaltées
 
-o-
 
 Ta main nuage fou
Epiphyses sensibles
 Croît dans  l'antre nue
 
-o-
 
 
Lèvres carminées
Glyphe d’envol adoubé
Bise auréole.
                

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199 - De la peinture...*

Publié le par Yann et Arthémisia

Voici un nouveau duo avec un nouveau partenaire, Yann...
-o-



Place du Tertre

Petite artiste sais-tu que tu es belle?
Tu peins, tu planes, tu ne vois personne.
Je suis resté des heures sur la place.
J'ai mis des pièces dans l’assiette devant toi.
Tu m'as écouté un instant sans m'écouter.
Tu as ri en regardant ma pièce toute seule dans ton assiette.
J'avais envie de toi, pas toi.
Petite artiste je te voulais mienne. Tu es partie en me souriant, ton matériel sous ton bras.
Juste un signe plus loin amicalement tu as disparu.
Alors je reviendrai demain…

Crachin
 
…Demain. Il pleuvra. Un vilain crachin gris qui rend le cheveu mou et met l’âme en berne.
Dehors, je ne pourrai peindre.
J’irai m’asseoir au fond du petit bistrot enfumé, devant un café.
Noir.
J’aurai les yeux mouillés quand tu arriveras.
Tu me souriras. Eclair.
Il pleuvra encore.
Je dessinerai ton portrait sur la nappe en papier.
Nous boirons des cafés, encore.
Noirs.
Reste là.
Parle moi.
Reste là.
Parle moi de ce que tu me donneras.
Je suis déjà à toi.
Il ne pleut presque plus.

Le café des artistes.
 

Bien sûr, je le connais ce petit bistrot.
J'en ai tué, là, des heures vides qui n'en finissaient plus de finir.
Alors, bien,  je viendrai te voir.
Sûr.
La pluie?
Qu'importe!
A moi, elle me plait bien cette pluie parce que tu seras moins occupée à peindre, à planer, à t'occuper de tes pinceaux.
Ceux là ont bien de la chance.
Ainsi quelques instants juste un peu tes minutes accompagneront les miennes.
Elles se joindront.
Un bout de vie commune, quoi.
Ce que je te dirai?
Ce que je te donnerai?
Je ne sais pas encore.
Juste l'occasion de me croquer vite fait et pendant que ton crayon crayonnera, je tacherai de faire en sorte que tes yeux ne mouillent plus.

Maintenant
 
 
…Je sais moi, ce que tu me donneras.
Tu me le donnes déjà.
Je reçois ton cadeau en pleine face. Si fort !
Il se noie en mon œil.
Tu ne peux le retenir. Alors je prends tout.
Tout.
Il est ce paysage peuplé de découvertes, de silences, et soudain de mille et une questions.
Il est ce paysage, attentif, à l’affût, écoutant, intérieur, et puis s’agitant, volubile, rieur.
Il est ce paysage qui donne, qui se donne.
Il est ce paysage, celui de ta main qui déchire ce mauvais portrait de toi, le froisse et l’enferme dans la mienne.
Il est ton paysage.
Et il est déjà mien.
Maintenant.

Surtout ne parle pas.


Ma voix n'est pas belle.
Elle ne sonne pas comme d'autres qui, à coup sûr, font chavirer le coeur des filles.
Moi, j'aime les silences comme toi.
Je ne trouve rien à te dire rien de suffisamment intéressant tant ta présence, de l'autre côté de cette petite table, rayonne de lumière.
Une lumière qui me plait à moi.
Jaune, orangée... belle, quoi.
Seulement, il me semble que tu ne la vois pas cette lumière.
Alors je serai comme un miroir silencieux chaleureux.
Petite artiste tu as posé tes couleurs et tes yeux plongent au coeur des miens pour en extraire la teinte qui te manque.

Emmène-moi…
 
 
Ton silence frémit en moi, plein de couleurs.
Mon Dieu ce qu’il est proche !
Mais ton corps est si loin…
Sa couleur m’attire, me capte. Il faut que je fasse quelque chose. Je ne peux rester là. Je voudrai m’y noyer, ne plus savoir nager. Le vertige me gagne.
 
Alors je plonge. Je jette mon cœur, en premier.
Mon corps suit de l’autre côté de la table. Ma bouche aussi. Vite.
Elle y trouve le bonheur. La tienne. Un goût de café, de croissants, de petits déjeuners amoureux, de grasses matinées. Un goût de petit jour.
Un goût de grand jour, aussi.
 
On se frotte les joues. On se mord. On se mange. On se suce.
 
Emmène moi…
 

Le Temps s'arrête.


Alors, il faudra que tout cela dure longtemps.
Très longtemps.
Et pour te retenir encore par dessus la table une de mes mains sur ta nuque te ramène vers moi.
Te serre sur moi, pousse ta bouche contre la mienne.
Tu es chaude, douce.
Tes lèvres frissonnent.
Tu as froid?
J'ouvre mes yeux et vois les tiens encore aveugles.
Je profite de ce moment où tu te perds en moi pour te regarder longuement.
Jamais je n'aurais osé tout à l'heure.
La table entre nous est petite mais trop grande encore.
Nos visages tout prêts se rencontrent, se parlent, se chuchotent, se souhaitent un autre ailleurs plus entre nous.
Ce café des artistes place du Tertre prendra dorénavant pour moi une tout autre signification.
La nuit est tranquille,
Tiens, il ne pleut plus!
Alors, je te prends le bras et, comme deux amoureux, nous glissons furtivement sur le pavé encore mouillé au coeur de la vieille ville...

Surtout, surtout
 
 
Au cœur de la vieille ville, je glisse.
Je glisse vers toi. Je glisse en toi. Je remplis tes bras.
Ma peau se colore de tes doigts qui me cherchent sous mes vêtements.
Ils la trouvent.
Je suis bien, le visage enfoui dans ton odeur. Tu es devenu mon homme.
Surtout, surtout, qu’aucun espace ne nous sépare !
 
On se colle. On se verrouille. On se phagocyte. On se frotte. On se donne envie.
On a envie.
Elle, je la sens grandissante, durcissante. Belle.
Tu me pousses, presque violemment. Tu m’appuies là, contre le mur. Tu t’appuies sur moi et tu me manges. Je suis ta nourriture.
Et j’aime ça. Oui, j’aime ça.
Surtout, surtout, n’arrête pas.
 

Petite impatiente


Tu trembles.
Tu t'impatientes.
Tu deviens une petite folle.
Une petite artiste folle qui glisse sur moi, s'enroule, se calque, se colle, m'enveloppe, se love.
Tu ne cesses de parler, de chuchoter.
Je ne sais quoi.
Je ne cherche pas à comprendre ce que tu veux me dire.
J'en ai parfaitement compris le sens!
Tu prends ma main et la pose fermement sous ta jupe de toile.
Tu veux. Tu ordonnes. Tu ne me quittes plus des yeux.
Et là, à cet instant, j'ai vraiment envie de te laisser faire.
Est-ce un jeu?
Il fait bon, ce soir.
Doux.
La petite encoignure où je t'ai entraînée est calme et sombre.
Tranquille.
Mais toi tu gesticules, piaffes, ne tiens plus en place impatiente de me goûter.
Tu es contre moi.
Tu m'étouffes même tant ton désir de te donner à moi est sans condition.
Tu danses une gigue infernale pour aider mon geste bien trop lent pour toi qui te déshabille.
Trop impatiente, petite!
Je souris de te voir faire.
Tu me plais à t'affoler ainsi de ces petits gestes qui te feront bientôt gémir.
Ma main glisse sur ta cuisse que je devine.
Et soudain, d'une poussée en avant de tes reins tu poses ta toison humide sur mes doigts qui s'y agrippent instinctivement.

Ma reconnaissance
 
 
Oui, je le reconnais : c’est moi qui me suis posée sur ta main, enfin presque…
Je suis pleine, pleine de reconnaissance.
Pourtant je ne me reconnais pas.
On ne se connaît pas. Ou si peu.
Tu vas me prendre. Me prendre pour ce que je ne suis pas.
Pourquoi ? Pourquoi ?
Retenez moi, mon Dieu ! Empêchez moi de le désirer tant, de me laisser tant faire, et de le chercher tant.
 
Je tangue. Je m’abandonne. Me réfugie sur toi. Oscille.
Tu réponds à ma danse. Tu parles mon langage. Tu le sais, le maîtrises même très bien.
Ta main dit ta caresse, celle que j’attendais, celle que j’attends, au mitan de mes jambes. Elle dit ton velours, rouge, ta quête brutale, ton impatience, aussi. Elle dit l’homme. Elle dit l’orage de ta tête et celui de ton ventre. Elle prolonge ton regard qui dévore ma chatte. Elle dit ce que ta bouche qui gobe la mienne ne peut plus dire. Elle me mange aussi.
Elle m’entraîne dans ton sillage. Je lui cours après.
Je ruisselle. Je bêle :
« Viens. Avec ce que tu veux. Je suis à toi… »
 
Mon Dieu, je ne me reconnais pas.

Trop tard


Mais c'est ce qui me plait en toi. 
Tu te donnes à moi et te retires l'instant d'après.
Tu es comme la marée, qui vient me voir et disparaît en laissant quelques traces.
Ma main est trempée de ton désir et à l'instant où j'étais prêt à me servir,... hop!
Tu fuis par une porte secrète.
Porte dérobée cachée sous la lourde tenture rouge qui tapisse le fond de ton âme.
Ame qui n’a pas encore accepté ton don.
Mais non, petite artiste, tu ne m'échapperas pas.
Tu ne peux plus fuir.
Tu ne peux plus te sauver de toi même.
Trop tard!
Trop tard!
Car en fuyant tu t'arranges toujours, coquine, pour laisser traîner quelques sillages odoriférants afin d'être certaine que je te perde pas.
Trop tard!
Viens donc.
 

Ton coeur bat...
 
 
Je ne viens pas. Je trébuche. Je tombe. Contre la porte. Contre ma porte. Contre moi.
Mais pourquoi courir? Et après quoi?
Ce que je veux est là, derrière moi, tout près.
Je sens ton souffle chaud précéder tes dents sur ma nuque.
Je sens tes mots, murmurés qui envahissent mon oreille comme un filet de miel : Ne dis rien, laisse toi faire, sois à moi...
Je sens ta main qui rampe sur ma taille, décolle mes hanches de la porte et les porte vers toi.
Je sens ton sexe raidi chercher des chemins entre mes fesses.
 
Je n'ai rien dit.
J'ai relevé ma jupe, posé mes mains sur le bois de la porte et cambré encore un peu plus mes reins vers toi.
 
J'ai aimé.
Ton coeur battait contre mon épaule...

Maintenant


Ton dos, féline, se frotte contre ma poitrine.
Etonnante posture que tu as choisi de m'imposer.
Alors, ce sera comme tu le voudras.
J'en profiterai pour plonger mes narines au cœur même de l'écheveau de tes cheveux embrouillés sur ta nuque.
Tu me pousses encore contre le mur.
Un reste de rejet?
Non!
Presque plus.
Tu es calme.
Ton désir est évident et me procure déjà une grande jouissance.
Alors, c'est le moment.
Je saisis tes hanches, les dessine de mes mains ouvertes en palpe la texture, le rebondi, l'ombre, l'idée, le fantasme...la folie.
Je remonte encore ta jupe et offre à la nuit la peau clair de ton ventre
Notre Nuit.
Comme si le Monde s'était évaporé.
Comme si nous étions devenus les seuls survivants d'un cataclysme  primaire.
La Lune serait-elle attirée par tes formes féminines?
Hum!Je n'y crois guère.
En ce cas, sais-tu que j'en serais malade de jalousie?
Toi-même tu as ôté toute forme d'obstacle à mes approches.
Seraient-ils même de haute couture que tes dessous ne pèseraient rien  face à ce que tu veux m'offrir: ton corps nu.
Ce corps nu qui ne t'appartient déjà plus.

Vivre !
 
 
A qui suis-je d’ailleurs ?
Je suis à cette nuit, à cette porte qui s’ouvre.
Je suis à cette table où tu me couches tendrement.
Je suis à tes bras qui me serrent et m’écartent déjà.
Je suis à ta bouche sur mon sexe.
Je suis à ta langue qui m’enveloppe et m’offre ton cadeau.
Je suis liquide, torrent.
Je suis lait, miel, suintants sur tes lèvres.
Je suis cris, convulsion, spasme.
Je suis mes reins creusés vers le plaisir.
 
Je suis morte de mon envie.
Je suis morte de mon envie de toi.
Donne moi ta vie. Et fais moi vivre.
Fais moi vivre…
Et fais toi vivre !
En moi.



Tu es à moi.
 
Je ne peux détacher mon regard de ton corps nu sur la table. Couchée, écartelée.
Une offrande de toi même à mes yeux sidérés.
Ma bouche, mes lèvres ne se lasseront jamais de te découvrir.
Ton odeur, ta chaleur, tes flux s’expriment si délicieusement, si largement, si copieusement par toutes tes ouvertures, que je perçois même les soubresauts de ton désir qui attend.
Ton impatience est là, palpitante, dégoulinante, gorgée de sucs. J’en ferai mon plat favori.
Alors, je vais répondre à ton attente et te ferai crier d’abord. En plongeant ma bouche au cœur même de ta plaie ouverte, béante, poisseuse. Je trouverai le nœud sensible, le point névralgique et en userait jusqu’à faire naître de tes entrailles de puissants gémissements.

La Peinture…
 
La galerie est noire de monde.
Je viens vers toi entre les murs remplis de nous.
A droite, moi par toi.
A gauche, toi par moi.
Nous en avons passé des nuits sur cette table ensemble. Nous en avons passé des nuits et puis des jours sur cette table, accrochés l’un à l’autre par toutes nos protubérances, fascinant nos regards jusqu’à l’extase.
Je t’y ai aimé.
Je t’y aime, mon amour quand au petit matin ton corps assouvi appelle mon regard et que mes pinceaux ne se lassent pas d’en caresser l’image naissante sur ma toile tendue.
Je viens vers toi, là, ce soir. Je vis en toi. Tu m’as tant peinte aussi. Tu m’as fait naître.
Une part de nos mystères s’étale sur les murs blancs. Nous nous retrouvons face à face dans cette belle salle. Et pourtant j’ai encore besoin de toi ce soir. Peut-être plus que jamais.
Ma main aime la tienne. Mon corps est gémissant. Encore.
J’ai besoin de peindre…
On rentre ?
 
Copyright © Yann
Copyright © Arthémisia
 
 
Illustration : photo du film de Peter GRENNAWAY – The Pillow Book

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135 - Dernière palette partagée...*

Publié le par Cyr et Arthémisia

Pour finir, voici le Jaune d'or de Cyr et ma Verdeur faunesque.

 

Jaune or
 
Tu m´es apparue
A moitié nue,
De soie d´or parée
Sous le soleil d´été.
 
Sur ta poitrine dorée,
Douce et chaude comme le sable,
Tu as délicatement dressé
Telle une belle table
Un balconnet pigeonnant,
O seins comme des soleils levants !
 
Ta peau ainsi rayonne
D´une lumière si radieuse
Que de Dunkerque à Bayonne
Tu fais bien des envieuses...
 
Femme flamme
Tu brûles mon âme,
Déesse d´or
Tu me chauffes le corps.
 
Ton sexe au poil blond
Forme un petit mont
Sous le tissu satiné léger
D´un tanga échancré.
 
Mon oeil fauve perçant
Découvre les dunes sablonneuses
De tes fesses safran,
Il en suit ravi les courbes onctueuses
 
Et s´attarde à extraire, patient,
De ces profondeurs cachées,
Tout l´ambre cuivré
D´un topaze d´orient !
 
 
Copyright © Cyr
 
Illustration : Danaé - Gustav KLIMT
 
 
 
 
 
 
 
Verdeur
 
 
Au sortir de l'hiver et de ses solitudes
J'aime te retrouver lorsque tu te dénudes
Au baptême d'un éveil en ces eaux primordiales
Fier de ta vigueur, mon dauphin végétal.
 
Au printemps de nos corps renaît l'ébranlement,
Le yang ascensionnel de la Nature nouvelle,
La fraîcheur jaspée, active, de l'avènement
De nos galops furieux d'amants éternels.
 
Gonflée et dopée de mes sèves espérantes,
Je t'attends mon Amour dans l'oasis d'émeraude ;
Viens, bois aussi cette force renaissante,
Ce Graal de cristal vert aux odeurs de gaude !
 
Perséphone te conduit ; navigue sur ses pousses.
Le fleuve de ses cheveux de lianes et de mousses
Te conduit jusqu'à moi dans le Paradis vert
Où bourgeonnent mutines deux roses, oui ! une paire !
 
Au jardin des délices ta bouche vers elles s'avance
Et ton corps fécond reconnaît la cadence
De mon coeur dont jaillit des battement infernaux
Que ton sexe redouble, diabolique flambeau.
 
Peut-être qu'aujourd'hui les feuilles de ces futaies
Perdent-elles peu à peu leur vert Véronèse,
Et rougissent encore de nos éclats de baise
Bouchant leurs oreilles à nos propos osés ?
 
La verdeur de ce membre offense leur pudeur.
Cependant, je le sais, il existe une fleur
Qui s'ouvre innocemment dès que tu la caresses :
C'est celle qui pousse là bien au creux de ma fesse !
 

 

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Avec : Faune Barberini - Art hellénistique
 

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