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1607 - Un Fatum ou une histoire d’images - chapitre 5 (fin)

Publié le par Arthémisia

  2008-01-01-Bougainvilliee.JPG

 

 

Le chapitre sur la résurrection devrait se trouver ici. Mais personne n’y croira.

Surtout pas lui.

Et même peut-être pas elle. Question de confiance en soi...

 

 

© Arthémisia – 02/2012

 

Avec : Bougainvillée du jardin © Arthémisia - 2008

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1606 - Un Fatum ou une histoire d’images - chapitre 4

Publié le par Arthémisia

Dans une vitre.

 

 


http://www.mon-bio-maison.fr/media/image/EC%20rouge_a_levres_bio_tarte_cerise_16.jpg

 

 

Tout n’est que projet.

Elle avait rencontré Sartre il y a quelque temps.

Elle ouvrit en grand la fenêtre de la chambre. Elle savait bien que le voisin d’en-face, celui de la grande maison, prenait plaisir à voir son lit défait. S’il inspirait assez fort - je veux dire s’il était suffisamment inspiré – il pouvait peut-être en sentir ses parfums de nuit ?

Le paysage offert par la fenêtre était froid ; c’était la roche de la montagne, et quelques pins maigres. Au nord.

Elle se recoiffa un peu et prit le rouge à lèvres qui trainait sur la table de nuit. Ce rose s’appelait Pimprenelle. Elle sourit. Se sourit. La vitre reflétait parfaitement son image. Elle se fit une bouche fleur.

Et reposa le fard sur la table de nuit.

 

Quelques pétales de bougainvillée s’envolèrent sur son passage.

Le voisin connaissait-il son projet ?

 

A suivre.../...

 

© Arthémisia – 02/2012

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1605 - Un Fatum ou une histoire d’images - chapitre 3

Publié le par Arthémisia

La Résurrection

 


La-resurrection-de-Lazare-gros-plan.jpg

Elle appuya fortement le gras de ses pouces sur ses paupières. Cela fit apparaître quelques petites étoiles.

Il fallait appuyer très fort, encore plus fort, pour que les yeux s’ouvrent.

En face d’elle, comme  à chaque retour de l’au-delà, naquit Lazare. C’était un de ses tableaux, sur lequel en quatre stades renaissait Lazare, la peau de Lazare ; d’un chétif morceau de gaze grisâtre, il se métamorphosait en un corps lumineux, incandescent, orange.

Le tableau était posé sur le rebord de la cheminée. Qui ne fonctionnait plus depuis longtemps.

 

 

A suivre.../...

 

© Arthémisia – 02/2012

 

Avec : La Résurrection de Lazare  (extrait) © Arthémisia

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1603 - Un Fatum ou une histoire d’images - chapitre 2

Publié le par Arthémisia

Le miroir

 

 


10-miroirs-a-petit-prix-332082.jpg

 

 

 

 

En partant, elle a emporté avec elle tous les tableaux, les siens, ceux de ses amis et ceux qu’elle avait achetés.

Il avait aussitôt repeint les murs sur lesquels flottaient l’ombre jaunie de ces fantômes, et avait accroché au-dessus du canapé, un immense miroir au cadré doré, aussi grand que sa télévision.

Ainsi, quand il était au milieu du salon, soit il voyait l’écran plat à la diagonale incommensurable, soit, en réplique, il se voyait lui, encadré d’or.

Peu de temps après l’achat du miroir il avait installé sa mère chez eux lui. Elle lui avait dit trouver ça beau.

 


A suivre.../...

 

 

© Arthémisia – 02/2012

Avec : Miroir de chez Ik…

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1602 - Un Fatum ou une histoire d’images - chapitre 1

Publié le par Arthémisia

 

3 photos

 

 

 

 

http://3.bp.blogspot.com/_PVQvvRKh94I/TGfWedeQNVI/AAAAAAAAE_0/vmEZ1dpcbNk/s320/Antonello_da_Messina_035.jpg+Vierge+de+l%27Annonciation.jpg

   

 

Première photographie. La femme est de face. Elle doit avoir 45 ans. Ou peut être 50. Même un peu plus.

Elle est blonde avec de larges boucles qui lui tombent sur les yeux. Elle semble s’en moquer.


Deuxième photographie. Toujours la même femme. Son visage est un peu tourné vers la droite.

-        Dites quelque chose.

-        Je vous salue, Marie.

-        Vous croyez ?

-        Oui, au temps.


Troisième photographie. Toujours la même. Elle a fermé les yeux.

Sur ses paupières apparaît un fin réseau de petites veines bleuâtres.

 

Qui posait ces questions ?

Peut-être était-ce elle-même ?

On était de toute façon trop curieux. Elle n’avait pas envie de parler. Juste de dormir.

Du moins de faire semblant.

 

 

A suivre.../...

 


 

© Arthémisia – 02/2012

 

Avec : Antonello de MESSINE – Vierge de l’Annonciation

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1339 - Les Souvenirs mouillés

Publié le par Arthémisia

 

10-09-14 Rade de Toulon

 

 

Et si tout recommençait… ?

Si elle devait refaire sa vie ?

Elle s’était maintes fois posé cette question.

Tout changer ? Elle ne s’en sentait plus la force. L’âge sûrement. Et puis, elle craignait d’y perdre ses bonheurs.

Et si elle ne changeait que la fin. La fin du jour ? Juste la fin du jour d’aujourd’hui ? On l’avait toujours dit fainéante. Ca prouverait bien qu’elle l’était.

 

Cet aujourd’hui s’était présenté comme à l’ordinaire. Bref, un dimanche. Dans toute sa calamité.

En une clarté retenue, le printemps faiblard ne s’agitait qu’à peine entre les rideaux de lin bis.

Elle avait traîné au lit, dans la chambre d’amis, sans aucune envie de se lever, aucune envie de rien. Son corps pesait encore de toute sa nuit, une nuit sans lune, très noire, entrecoupée de longueurs aux yeux fermés mais à l’esprit ouvert en grand.

Ou sur un livre sans être vraiment dedans, sous la mauvaise lumière.

 

Elle s’était endormie hier soir sur son stylo feutre rouge ouvert, celui qu’elle utilise pour corriger les travaux de ses élèves, et pour écrire dans son carnet. L’encre avait fui sur ses cuisses, dans les draps et sur le matelas pendant des heures hémorragiques.

Il faudrait nettoyer cela mais elle ne savait pas comment.

 

Le muffin grillé avait le goût de muffin grillé. La cafetière mal réglée lui avait donné un expresso trop long. Elle avait dû une fois de plus en refaire le réglage et puis seulement en avait bu un second, plus serré. C’était bon, heureusement.

 

Son émission littéraire, la seule qui l’intéressât à la télévision et qui était retransmise le dimanche matin, était interrompue pour cause de trêve estivale jusqu’en septembre. Elle repassait d’habitude en la regardant.

Elle remit le repassage à l’après-midi. Pas d’envie. Pas de courage, non plus.

 

La douche verte effaça difficilement l’encre rouge qui s’était étalée sur sa cuisse gauche. Question de cœur. Et de complémentarité, probablement. Elle dut frotter. Presque rageusement.

 

Les enfants dont elles avaient prévu la part du repas de midi, avaient ouvert les yeux à dix heures et demie passées et annoncé qu’ils ne mangeraient pas là. Elle avait congelé les cinq escalopes de poulet qu’elle avait envisagé de cuisiner à la coco et sorti deux filets de poisson blanc. Cela suffirait pour elle et lui. Avec un peu de la ratatouille qui restait d’hier, et quelques cuillères de riz noir pour le contraste.

Et un yaourt.

Il n’aime pas la ratatouille. Elle s’en fichait.

 

Le soleil très pâle pour la saison perçait enfin, sans trop le vouloir.

Elle descendit nourrir les tortues, trouva la plus grosse, Carapate, qui cherchait la chaleur dans un creux du béton juste devant la porte et déposa sous son nez quelques feuilles de laitue. Elle avait vu cette belle femelle essayer de creuser quelques trous depuis le début de la semaine à la recherche du meilleur endroit pour pondre : il fallait qu’elle prenne des forces.

Elle avait cherché en vain les trois autres gros spécimens.

Puis, elle fit passer quelques fanes d’une botte de radis au travers les mailles du grillage de l’enclos des petites. Seul Surf se rua sur les feuilles. Elle lui sourit. Un instant, elle crut qu’il lui rendait son sourire. Il sourit tout le temps, Surf, quand elle vient.

 

Et puis le repas, les yeux dans l’assiette, le nez dans la ratatouille.

Et puis la sieste. La grosse sieste. Pour elle. Pas pour lui : ne rien faire est tellement culpabilisant.

 

Elle ne dormit pas vraiment. Lu et dormi. Dormi et lu. Avec devant elle le tas de repassage pas sage qui lui faisait de l’œil, un œil de reproche : Tu viens ? Je t’attends depuis ce matin !

Entre lui et les poèmes d’Egon Schiele dénichés vendredi tout à fait par hasard, le choix n’était pas cornélien.

 

A quinze heures trente, elle attaqua l’Annapurna. Par la face nord. Evidemment c’est réfrigérant même si ça brûle.

Les T shirts. Trente.

Les chemises. Une douzaine.

Les pantalons, les shorts, le linge de lit, de table, de toilette.

 

Dans ses oreilles roulait la rocaille d’Arno. Puis celle de Tom. Waits. The Part You Throw Away.¹

 

Le téléphone sonna. Elle dit Allo, plusieurs fois.

Personne ne répondit.

Elle aurait eu envie que ce soit M.

M. a quatre vingt six ans. Elle aime M. Elle aime M. de toutes ses forces. Elles ont les mêmes initiales.

Elle inventa que c’était M., que M. avait besoin d’elle.

Elle sortit, vite, juste un peu recoiffée.

 

Elle gara la voiture soigneusement.

La tour était haute. Elle le savait. Mais c’était la première fois qu’elle y montait, qu’elle montait au dernier étage. Le dix neuvième.

C’était beau là-haut. Elle s’en doutait. M. aurait adoré.

Mais M.n’était pas là. Elle était chez sa plus jeune fille, à Paris.

En fait elle était contente que M. ne soit pas là. Il faut être seule parfois.

 

Elle voyait toute la ville s’étaler, jusqu’à la mer, et la mer jusqu’à la brume de l’autre côté.

Sa vie n’était que de ville et de souvenirs mouillés.

Même si on était en juin.

 

Cet envol fut le sien.

 

 

¹ Tom WAITS – Blood Money – 2002

 

Copyright © Arthémisia – juillet 10

 

 

 

Ce texte a été écrit dans le but de participer à un concours de nouvelles. Le thème du concours était : « Et si tout recommençait… ? »

 

Je n’ai pas envoyé ma nouvelle dans les délais bien qu’elle fut écrite depuis belle lurette.

Ca s’appelle faire les choses à moitié.

 

Avec : Rade de Toulon © Arthémisia – Sept 10

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1229 - la Commode (Oceano Nox - fin)

Publié le par Arthémisia

  ...c'est bien la suite (et la fin) de ça...

 

 

 

 

http://www.passion-estampes.com/deco/affiches/rothko/rothkon101961index.jpg

 

 

 

 

 

La commode a planté son décor : un petit casque rond et nacré, trois morceaux de verre émeraude émoussés par la mer, et la photo d’un marin perdu.


La nuit est noire sur la mer.

 

 

Copyright © Arthémisia – juillet 10

 

 

Avec : Mark ROTHKO – Brun foncé, gris et brun orangé

 – Huile sur toile - 1963

 

 

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1228 - Les âges nus (Oceano Nox - 3)

Publié le par Arthémisia

...C'est la suite de Ça ...

 

 

http://belcikowski.org/la_dormeuse/images3/maar_coquillage.jpg

Il se sentit monter aussi vite que dans un ascenseur. Lui, qui ne connaissait de la terre que son horizontalité, se figea dans ses enroulements pour éviter un haut le cœur.


Et puis soudain, un parfum de fleurs poudrées.


Trop curieux, il sortit la tête, sa petite tête rose, ses bras, ses jambes fines et tendit le museau et les yeux.


Il la rencontra.

Elle le regardait.


Ils furent soudain deux, rien que deux.

Le sable voyageait dans d’autres espaces. La plage démissionnait. La mer sombrait dans son lointain et le ciel avalait la dernière gorgée de son lait.


 

Le petit casque rond s’adonna au parfum des fleurs poudrées.

 

Un soleil hétérodoxe forma sa mandorle autour d’eux.

Un chant venant d’on ne sait où, s’éleva tel un psaume.

 

Les âges étaient nus. Premiers. Religieux.

 

Elle lui envoya un baiser, le déposa avec une infinie délicatesse dans son mouchoir et le glissa dans sa poche.

  


Copyright © Arthémisia – juillet 10

 

 

...La suite (et fin) est là....

Avec : Sans Titre - Dora MARR - 1934

 

 

 

 

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1226 - Des rayons smaragdins (Oceano Nox - 2)

Publié le par Arthémisia


....Comme une petite suite de ÇA

 

http://laperleipopette2.unblog.fr/files/2008/01/s7001605.jpg

 


Un fouillis de brindilles, d’algues brunes, de brisures minuscules de coquillages, et de grains de sable  un peu plus gros que les autres, s’étalait en lignes presque parallèles, jusqu’à la mer. 


Quelques mares retenaient  le souvenir.


Le soleil était sage et le poudroiement bleuâtre de l’air déposait des teintes atténuées sur le  paysage. Au loin, le port s’évaporait et l’horizon était dans son tombeau.


Il semblait que ce fut par là. Mais rien de bien sûr ne l’indiquait.


Ce n’était ni tout à fait mouillé, ni tout à fait sec. Il avait l’impression de marcher sur un vieux tapis humide qui partait en lambeaux. Ce n’était pas désagréable.


Il fallait suivre son instinct.


Ses yeux tendus vers la mer s’accrochaient au chemin encore à parcourir. C’était loin. C’était vallonné.


Il se sentait petit.


Heureusement, le parfum d’une protection à venir, et les dispersions iodées des premières vapeurs lui donnèrent du courage. Il ouvrit la bouche en grand et respira un peu plus fort.


Son crâne rond et nacré se balançait au rythme de ses pas, de ses enfoncements dans le sable, et de la résistance de ses  longues jambes brunes. Il connaissait le lieu pour l’avoir tant de fois arpenté, mais chaque fois, il en faisait une découverte. Rien n’était creusé comme hier, rien n’avait le même dessin, la même couleur, et les rencontres nombreuses n’y étaient jamais les mêmes.


Il lissa ses moustaches soyeuses, la tête portée haut : il avait reçu les premiers poudrins.


Devant lui une triade de gemmes probablement tombés d’une couronne neptunienne, dardait des rayons smaragdins.


Un pas humain raisonna, proche. Il rentra prestement dans sa coquille. Les émeraudes disparurent quelque temps.

 

 

.../....

 

La suite est

 

Copyright © Arthémisia – juillet 10

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1220 - La Layette ( Oceano Nox - 1)

Publié le par Arthémisia

 

http://www.nationalgallery.org.uk/upload/img/courbet-sea-palavas-NG2767-fm.jpg

 



Aujourd’hui, elle a mis sa layette, sa petite layette frisée et mousseuse, sa petite culotte de friselis dentelés, sa Chantilly aérienne, son balconnet de froufrous, son air de ne pas y toucher.

Aujourd’hui, elle tremble de la gambette ; elle semble hésiter, avance en chaussons roses, petit rat en suspend tout au bord de son pas, se demandant s’il faut être la fille du sable, princesse en coquille ou, morte d’indécision, osciller en retrait, protégée par l’immense.

Aujourd’hui, elle murmure quelques cheveux étourdis, invincible incursion de sa jeunesse crue.

Aujourd’hui, elle bredouille, un doigt, deux doigts, dix doigts, un piano invasif qui s’évase en  bohème fleurie d’algues diaprées qui affolent la langue.

Aujourd’hui, coquette débordeuse, elle brode au petit point des langueurs indociles, des mouillures ensablées qui grappillent le soleil.

Aujourd’hui, la causerie hoquette petit et puis…petit. Elle quitte son cyan, gagne en complémentaire, se grise à la surface,  chatouille l’or poudreux de la rive, consulte sa palette, et, se dit qu’il est temps, grand temps de défranger l’onctueuse bordure, d’aller lécher la peau, le ventre attirant, le plat du silence bel.

 

Alors, aujourd’hui, elle ose.

 

Le temps s’étire encore.

Un goéland le brise de son trait de craie jaune.

 

Où est-il le marin sorti de la nuit noire ?¹

 

 

 

¹  Phrase inspirée de Victor HUGO - Oceano Nox 

 

 



Copyright © Arthémisia – juin 10

 (merci UT)

 

 

 ..../....  

La suite est là...ceci n'est en effet que la 1ère partie d'une nouvelle appelée pour le coup et  très pompeusement Oceano nox.


Avec : Gustave COURBET – La Mer près de Palavas -

Huile sur toile - National Gallery

 

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