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321 - Brèves de mars 2007

Publié le par Arthémisia

Voici toujours en vrac, quelques (bons) mots égrainés ici ou ailleurs et qui m’ont émue, troublée, attristée, fait réfléchir, rire, pleurer…pendant ce mois de Mars où vous avez tous fait très fort....:

"Arthi show"

@ Laurent MORANCE

 




"La maladie, soutient Virginia Woolf, modifie également notre sensibilité littéraire. Si, « lorsque nous sommes en bonne santé la signification l’emporte sur le son », en nous attirant plutôt vers les formes de la grande prose, la maladie en revanche « nous rend peu enclins à la longue campagne » et elle augmente notre réceptivité à l’égard de l’immédiateté articulée de la poésie."

@ Lung Ta qui cite un article des Lettres Françaises de mars à propos du livre de Virginia WOOLF - De la maladie. , Rivages poche / Petite Bibliothèque. 60 pages. Traduit de l’anglais par Élise Argaud.
 
 
"il vaut mieux mettre son coeur dans la prière sans trouver de paroles que trouver des mots sans y mettre son coeur"
@ Ambre qui cite Gandhi
   
 
"Quel est le contraire de Femme ?
Infâme, évidemment..."
@ Laurent MORANCE (encore, je sais...)
 
 
"C'est un moment fugace où durant un faible instant, les contours qui  nous  font homme ou bien   femme deviennent flous et où  l'Intelligence éclot entre deux êtres."
@ Paco

 

 

"La rose dans sa brève saison, se hausse par-dessus les clôtures, et le rossignol l’émerveille en lui racontant l’univers…"

@ Orchis-mauve qui cite Maurice BARRES

 

 

 

"Je rêve ta machine à effleurer les arums."

@ Jean - Christian

 

 
« Verras tu, une seule fois au delà de ton regard, cet être merveilleux qui s'appelle toi ? »
@ Entité
 

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320 - Les Zoms

Publié le par Arthémisia

 

Font leur pipi contre les murs,
Quelquefois mêm' sur leurs chaussures,
Pisser debout ça les rassure,
Les z'hommes,
Z'ont leur p'tit jet horizontal,
Leur p'tit siphon, leurs deux baballes,
Peuv' jouer a la bataill' navale,
Les z'hommes,
Z'ont leur p'tit sceptre dans leur culotte,
Leur p'tit périscop' sous la flotte,
Z'ont le bâton ou la carotte,
Les z'hommes,
Et au nom de ce bout d'bidoche
Qui leur pendouille sous la brioche,
Ils font des guerres, ils font des mioches,
Les z'hommes...

Ils se racontent leurs conquêtes,
Leurs péripéties de braguette,
Dans des gros rir' à la buvette,
Les z'hommes,
Ils se racontent leur guéguerre,
Leurs nostalgies de militaires,
Une lalarme à la paupière,
Les z'hommes,
Virilité en bandoulière,
Orgueil roulé en band' moll'tières,
Agressivité en œillères,
Les z'hommes,
Ils te traiteront de pédé,
De gonzesse et de dégonflé,
A moins qu'tu n'sort' dehors si t'es
Un homme...

Z'aiment les femmes comme des fous,
C'est si pervers et c'est si doux,
"Enfin quoi ! C’est pas comm' nous,
Les z'hommes".

Z'aiment les femmes à la folie,
Passives, muett' et jolies
De préférence dans le lit,
Des z'hommes,
Au baby-room ou au boudoir,
A la tortore ou au trottoir,
Z'aiment les femmes sans espoir,
Les z'hommes,
Prostituées ou Pénélopes,
Apprivoisées ou antilopes,
"Toutes les femm' sont des salopes"
Pour les z'hommes...

C'est en quatre vingt treiz', je crois
Qu'ils ont tué la femme du roi
Et la déclaration des Droits
De l'Homme,
C'est depuis deux mille ans, je pense,
Qu'ils décapitent en silence
Les femmes d'ailleurs et de France,
Les z'hommes,
Z'ont abattu les Thibétaines,
Z'ont fricassé les Africaines,
Z'ont indigné les Indiennes,
Les z'hommes,
Z'ont mis le voile aux Algériennes,
La chasteté aux châtelaines
Et le tablier à Mémène,
Les z'hommes...

Excusez-moi, mais ell' me gratte,
Ma pauvre peau de phallocrate,
Dans la région de la prostate
Des z'hommes,
Excusez-moi, mais je me tire,
Sans un regret, sans un soupir,
De votre maffia, votre empire
Des z'hommes,
A chacun sa révolution,
Aurais-je seul'ment des compagnons
Qui partagent l'indignation
D'un homme ? {x2}
paroles et musique d'Henri Tachan
 
et un cadeau...:
 
 
Illustration : Jean -François RUDE  - Le Départ des volontaires autrement appelé La Marseillaise
Se trouve sur l'Arc de Triomphe côté Champs Elysées.
 
 

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319 - (Par) Chemin de moi à toi

Publié le par Arthémisia

 

Le départ a lieu sur une lande un peu sèche, un peu rêche sans être désagréable, légèrement rugueuse, presque irlandaise, de lainage confortable cependant, un tantinet patinée par le temps, peinte d’une de ces non couleurs, mélange d’un gris éteint, d’un beige moucheté, frelaté de terre, de mousse, d’écume, pauvre peut-être, de somptuosité retenue, mais royale de nuances sourdes, réservées, confondues et troublées. Et d’accueil, simple.
Ta veste.
 
Puis il faut traverser une rivière de l’ébène le plus ténébreux, de la nuit la plus inhabitée, la plus silencieuse, la plus glissante, la plus souplement envoûtante, la plus enrobante, la plus chtonienne. Un ruban. La caresse d’un démon sombre.
Ta chemise.
 
C’est alors que commence la colline, ou peut-être plutôt la dune, qui hésite entre le minéral et le végétal, entre le sable et l’oyat, entre l’or blond et le l’or brun, entre la glissade ronde et la fixation germinative, entre le lisse et l’agrippement, entre le matin et le soir, entre le doux et le grave, entre la tendresse et la force, entre l’enfant et l’homme.
Ton menton.
 
Et puis, la vie, brillante, d’une gourmandise sans nom, resplendissante d’arrogance, de sûreté, la vie, palpitante, engorgée, turgescente, rouge, fruitée. Le sorbet chaud qui résiste à la fonte, la crudité d’un BACON, l’extrait de chair jaillissant du corps, le volcan humide qu’on a envie de laper, comme un animal. La grotte aspirante.
Ta bouche
 
 
Copyright © Arthémisia - mars 2007

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318 - Mais qu'est-ce qu'elle fiche avec ce type?

Publié le par Arthémisia

En voyant un couple soit disant "mal assorti", une amie me disait :
 
-         « Mais qu’est-ce qu’elle fiche avec ce type ? »
 
Alors m’est venu l’envie de lui dire ce que j’ai envie de faire avec toi…
 
·        boire des cafés, pas du café, non, ceux qu’on prend dans un bistrot ;
·        te perdre dans les rayons d’une librairie et …te retrouver, vite ;
·        danser le tango, toi dans un costume noir italien croisé, à double boutonnage et à fines rayures grises et moi dans une robe fourreau, toute noire avec un gros camélia écarlate dans les cheveux. Je sais c'est complétement ringard comme vision, kitschissime même ;
·        écouter Janos STARKET jouer Soltan KODALY ou …Tom WAITS …dans le noir ;
·        faire les magasins. C’est drôle, jamais un homme n’a voulu faire les magasins avec moi. Sauf mon père… ;
·        faire notre lit (défait ensemble) ;
·        te conduire…oui toi à droite et moi au volant ;
·        me laisser conduire. Aussi ;
·        courir dans la rue comme des fous ;
·        t’offrir des fleurs ;
·        te lire un livre, comme à un enfant ;
·        nous regarder ;
·        respirer ;
·        chuter.
 
 
(Liste non exhaustive, allongeable et totalement désordonnée.)
 
Illustration : Piquée dans les chromes de mon ami Georges...

 

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317 - Des Fourmis noires sur des écailles blanches

Publié le par Arthémisia

 

 

 

 
 
 
Ca y est. On ne la voit plus.
Elle est entièrement recouverte, de ces écailles blanches et rectangulaires, jetées, en vrac, qu’il lui font un vêtement, une burqa de neige, de lumière. Il y en a tant. Un nombre incalculable.
Pourtant, si on s’approche, on aperçoit sur ces écailles, de minuscules petites choses noires, difformes, mais disposées assez régulièrement, en rang d’oignon, des petites taches sombres comme autant de fourmis suspendues dans leur progression, figées, inertes.
L’ont-elles mordue ?
Rien  ne bouge, ni les écailles, ni les fourmis.
C’est étrange ce silence, tout de même.
On a besoin  d’un appel d’air pour qu’une écaille se décolle des autres, et plane vers la main.
Ah ! Mais non ! Ce ne sont pas des fourmis. Ce sont des caractères typographiques, autant dire des lettres, regroupées en mots qui stagnent sur ces écailles feuilles.
Elle s’est retirée sous une couverture de feuilles. Numérotées.
Alors que faire ?
On arrache la burqa feuille à feuille, écaille après écaille, douloureusement. Marsyas ? Saint Barthélemy ?
On le fait méthodiquement en cherchant à les classer dans l’ordre, une par une.
Elle, elle reste là, étendue, nue, sur le carrelage froid. Et rouge.
Et on lit.
1, 2, 3, 10, 100, 200, 300, 400 feuilles…
Et on pleure.
On a tout notre temps.
Elle est morte d’écrire. Des mots étouffants.
Non, vraiment, aucune mort n’est surréaliste.
 
Copyright © Arthémisia – mars 2007
 

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316 - Le Remords

Publié le par Arthémisia

 

 

 
Pouvons nous étouffer ce vieux remords qui vit, s'amuse et se nourrit comme le vert des morts, nous narguant de ce passé insolant? Comme ce vieux chêne enraciné à vie pleurant les saisons, prisonnier de cette terre......
Quel bonheur ivre me noiera contre ce vieil ennemi, assassin vampirisant mon âme?
Que puis-je faire contre cet esprit comblé d'angoisse qui veille comme le loup flairant la mort d'une histoire, ce corbeau qui attend cette faim que La Fontaine racontait?
J'agonise en déchirant les ténèbres sans matin et sans soir dans un ciel bourbeux et noir. Cette espérance qui brillait s'essouffle et se meurt dans cette obscurité. Seul le diable enflamme mes tourments comme un martyr qui prend le mauvais chemin.
Ce remords a éteint ma ferveur et empoisonné ce coeur qui aimait. L'insoutenable ronge cette vie comme une dent maudite qui blesse la chair d'un souvenir meurtri.
J'entends l'enfer brûler cette pensée qui étouffe ce destin d'un appétit infernal à nuire à cet avenir...
Le remords saignera d'une insoumise besogne en réveillant les souvenirs douloureux.....
 
Copyright © souvienstoi-01/06 que je remercie de m’avoir autorisée à reproduire son texte et que je vous invite à rencontrer avec son amie, Bleu-marine sur leur site partagé.
 
 
Illustration : Odilon REDON - L'araignée souriante
 
 

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315 - Epicurisme

Publié le par Arthémisia

« Hâtons-nous de succomber à la tentation,
avant qu'elle ne s'éloigne. »

Epicure
 
avec : MICHEL – ANGE – Adam et Eve

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314 - A....(c)...couchement blanc

Publié le par Arthémisia

 

 

Blanche,
ta lèvre est blanche.
De chantilly mousseuse ?
De neige duveteuse ?
Laisse-moi ! Je veux y goûter !
Laisse-moi ! Je veux la lécher !
Trois heures sonnent au clocher.
Pourquoi donc à cette heure t’es-tu donc levé ?
Ton corps caravagesque
habillé de souplesse,
rôde aux détours du lit.
Où veux-tu que je fuis ?
Ma main au passage
aime retenir le présage
d’un plaisir sucé
avec toi partagé.
Mais… tes lèvres sucrées
enrobent alors ma bouche
d’un baiser qui accouche
de mille vapeurs de lait.
 
Copyright © Arthémisia - mars 2007

 

 

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313 - Autour de VERLAINE

Publié le par Arthémisia

 
 
 
 
Je me laisse souvent tenter par des lectures conseillées par des amis. C’est encore le cas ici pour ce
 
Ô, Verlaine de Jean TEULE (Edt. Pocket)
 
Bien sur, comme la plupart d’entre nous, j’ai appris quelques poésies de VERLAINE sur les bancs de la communale, et en ai d’ailleurs gardé quelques belles traces en mémoire. Les fameux sanglots des violons de l’automne ont marqués mes cours de français et d’histoire…
Bien sur, par la suite, j’ai lu et même acheté quelques uns de ses recueils, ses Poèmes saturniens, Sagesse et Liturgies intimes, les Chansons pour elle
J’ai même trouvé et bien sur gardé, son Oeuvre poétique complète
de chez la Pléiade dans une poubelle. Oui, oui…vous avez bien lu…dans une poubelle. Vous vous étonnez que je fasse les poubelles ? Moi je m’étonne qu’on jette (encore) Verlaine à la poubelle…
En fait, en me plongeant dans ce Ô Verlaine je me suis aperçue combien ce « déviant » faisait partie de ma bibliothèque « précieuse », non par la qualité bibliophilique des éditions que je possède, mais parce que j’ai toujours pris plaisir à le lire. Il est de ces « petites » choses, qui nous paraissent anodines, et qui pourtant ont une place importante dans notre vie et ce, sans que nous nous en rendions vraiment compte sauf à mettre le doigt dessus. Et ce doigt, c’est Jean TEULE qui m’a permis de le mettre.
Résultat : une révolte.
Pourquoi laisser mourir VERLAINE d’une telle façon ?
TEULE, à travers le regard d’un jeune provincial fanatique de VERLAINE,  nous raconte la fin de sa vie, sans pudeur, sans faux semblant, décrivant avec moult détails affligeants, grotesques et sordides, l’irrespect absolu du poète pour quelque norme que ce soit, son rapport terrible d’addiction avec la fée verte –l’absinthe-, sa débauche sexuelle, sa détresse affective, et sa déchéance physique poignante.
Tout cela dans une ambiance parisienne admirablement imagée, où tournoient les étudiants libertaires et libertins en goguette, les politicards, les artistes crève-la-faim, les critiques assassins (et assassinés…), les anarchistes, les décadents, les cocotes de luxe et les prostituées les plus viles, le luxe outrancier et la pire pauvreté, le raffinement le plus fou et la saleté la plus crue.
Et VERLAINE dans tout ça ? Il est à l’image de cette société, fin de siècle, riche, terriblement riche de sa poésie qui sort bouillonnante de sa pensée perturbée (TEULE en insère  avec bonheur des poèmes régulièrement dans son roman), mais aussi tellement animal dans son corps, tellement humain dans ses besoins, dans ses excès non maîtrisés. Et c’est justement en nous faisant voyager dans  cette dualité que TEULE nous rend son héros si attachant, car VERLAINE n’est qu’oscillation entre l’abject le plus total et la splendeur du verbe.
 
Du coup, pour parfaire ma pauvre culture, j’ai couru m’acheter les Poèmes érotiques du maître.
Bien sur à ne pas mettre entre toutes les mains…
La crudité n’est jamais épargnée, mais sous la fange, reste toujours le goût du plaisir vrai. Cru, oui, mais jamais vulgaire ; cru mais pas sale ; cru mais aimant ; cru mais amant.
 
Non, comme Jean TEULE se plait à nous le rappeler par la phrase même de VERLAINE :
 
« Le petit bonhomme n’est pas mort. »
 
La liberté d’écriture et de ton de VERLAINE, nous impose de le laisser en vie, de le sortir un peu plus souvent de nos bibliothèques et surtout de ne pas le jeter à la poubelle!
 
 
Copyright © Arthémisia - mars 2007
Merci souvienstoi pour cette passionnante idée de lecture.
 
avec: dessin de l'Assiette au beurre de 1907
 

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312 - Poème culotté*

Publié le par Arthémisia

 

 
Quand l’élastique
de ta culotte,
Biquette,
claque près de ma bite,
je me dis, « mec,
t’es pas en stuc »,
et je sors mon stock
de breloques
pour t’faire la nique.
 
« Chic » m’dit la fillette
et saute sur mon truc :
mon Dieu, c’est pas du toc !
Quand tu t’y mets, coq-
in (e),
je donnerai tout mon fric
pour qu' t’achètes tes culottes
Petit Bateau en pack
de trois, white, blue and pink,
celles qui me rendent dingue
et me font comme une drogue
de ton p’tit cul de black.
 
-          « Tu me fais une réduc’ ? »
-          « Quoi ? De qui tu te moques ? »
…Vlan ! J’ai pris une claque !....
 
Copyright © Arthémisia - mars 2007

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