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1227 - Le jour où il s'aimera*

Publié le par Arthémisia

 

http://3.bp.blogspot.com/_u9WA-pROT0I/S6-s3qrHsbI/AAAAAAAAA7s/f95aAYeEjiI/s1600/Lucian+Freud,+%E2%80%9CNaked+Man+on+Bed%E2%80%99,+Oil+on+canvas,+32%E2%80%9D+X+28%E2%80%9D,+1989.jpg

 

 

 

 

L’homme de silence tenait son sexe encore douloureux dans les brumes de sa main.

Les valeurs de la nuit se délayaient.

Les dernières images fondaient.

Il cherchait à lire encore un peu à l’intérieur de ses paupières.


Il faudrait bientôt retourner. Le temps s’apprêtait à crier.

 

Serait-ce un jour où il s’aimera ?

 

Copyright © Arthémisia – Juillet 10



Avec : Lucian FREUD (1922), Homme nu au lit, 1989, huile sur toile, 32x28 cm

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Servanne 17/07/2010 20:07



ah j'oubliais la chaussette ...


Eh bien, il a trop mal pour la retirer, qu'importe, le peintre a tenu là un bel effet visuel, chromatique ...


 


Enfin, ai-je le droit d'aimer les bouquets compassés de Renoir ...



Arthémisia 18/07/2010 00:47



Belle image répétée de la mollesse, de l'abandon, de l'oubli...





Mais oui, tu peux aimer RENOIR! Mais je te le laisse!!!!



Servanne 17/07/2010 20:05



Vraiment intéressant, et de découvrir ton billet, et de s'intéresser d'une part au tableau inconnu pour moi, au texte que tu y as rattaché et qui s'y fond comme un gant ou comme une chaussette ;)
meme si pour ma part, je n'aurais pas eu forcément cette lecture mais une version beaucoup plus pragmatique dirais-je ...


Tu sais quand j'ai vu cet homme, j'ai aimé la véridicité, l'authenticité, la réalité, banalité j'ai envie de dire de la scène, en effet, combien de fois ai-je vu mon homme dans cette position
avec sa migraine !!!


Je ne veux pas te faire rire mais c'est vrai, c'est cela aussi, tout simplement que je lis ...


En fait, on a un gros plan sur le sexe ou plutot, on le regarde car il est là, visible, et affiché librement, mais tout est fait pour nous détourner (ou pas ) de la scène intérieure ( et tu en
parles ) de la psyché de l'homme bien plus douloureuse je pense que son sexe au repos ... qui ne l'intéresse pas pour le moment, tel un etre humain, libre, viril mais préoccupé par d'autres
soucis ou pensées ... migraine, tracas, déception amoureuse ...q 'importe ...


 


Merci, j'ai adoré la qualité de ton débat, encore une fois ... et la possibilité de lectures plurielles ...


 



Arthémisia 18/07/2010 00:46



véridicité, l'authenticité, la réalité, banalité....


Tu es touchée par la même chose que moi, ces instants somme toute très ordinaires, ses moments humains, tant humains, ce qui fait que les hommes
tombent les boucliers, les armes, les carapaces et se présentent à nous dans leur véracité nue.


Si pour une fois, ils comprennaient que c'est comme ça que nous les préférons, ou lieu de faire les cakes en roulant des mécaniques ?



la vieille dame indigne 15/07/2010 21:48



Je ne sais pas exactement à quoi elle tient...pour le moment je m'y accroche, c'est tout ce que j'ai... fut-ce à une chaussette...



Arthémisia 15/07/2010 21:50



Bienvenue au club....



la vieille dame indigne 14/07/2010 12:58



C'est drôle les personnes qui s'étonnent de la chaussette...


Moi je sais pourquoi elle est là, toi aussi tu sais, hein ? ....


Je crois que tu pourrais refaire un texte sur cette chaussette...



Arthémisia 14/07/2010 20:27



J'y ai pensé également. La vie tient parfois à une chaussette, tu ne trouves pas VDI?



thomchan 13/07/2010 20:08



Arthi, c´est un odalisk XX. siècle - beyond words !


Le realité d´hommes au delà de les arrangements accords,


 un héro sans mots, sans conventions culturels et sans non valeurs...


seulement son existence dans un espace permutable


baigné  dans la lumière, il est la pour être la


comme nous aussi


on connais peut être le sentiment du bonheur


quand on doit oublier sa volonté, les mots les reflets


d´autres


 


Le monde humain n'a été créé ni par les dieux ni par les démons. Après tout, ce ne sont que des personnes ordinaires, comme vos voisins immédiats. S'il est difficile de vivre dans ce monde humain
que des hommes ordinaires ont créé, il ne devrait pas subsister de pays où s'installer. Il ne reste plus qu'à se rendre dans un pays sans hommes. Or, il doit être plus dur de vivre dans un pays
sans homme que dans le monde humain. soseki


 


bisous thom


 


 


 


 



Arthémisia 13/07/2010 22:25



Merci de ta lecture de l'oeuvre Thomas. C'est intéressant de relever le côté hors convention, qui justement fait la valeur de l'oeuvre. Cette peinture c'est
l'anti manequinat, l'anti superficialité, l'anti fausseté. C'est le retour au réel, à la rue, à la vie.


Il y a déjà eu des temps  (l'Antiquité, la Renaissance...) où la Beauté ne siègeait que dans des corps idéalisés. Chez FREUD elle est dans la
ressemblance avec nous, parce qu'elle nous ramène tous à notre propre déchéance, nos vieillessements, nos rides, nos kilos superflus. SOSEKI parle de monde humain:  cette peinture  est
la peinture de ce monde, celui où moi j'aime vivre.





Er merci aussi Thomas, d'écrire en français et de le faire si bien.


Je t'embrasse fort.





Arthi



Bernard Moutin 13/07/2010 18:52



J'ai un peu honte de moi :


- tu as raison, rien ne dit dans la toile que le modèle est le copain de Feud, c'est plutôt un préjugé que j'ai dans ma tête (par rapport à ce que j'ai pu lire sur Freud),


- je n'ai pas non plus donné le bon titre. Ce que je voulais dire, c'est que la toile intitulée "large interior" m'inspirait beaucoup plus pour l'afficher de manière permanente dans mon
interieur.


http://culture.france2.fr/art-et-expositions/expos/l-atelier-de-lucian-freud-au-centre-pompidou-61676337.html


Je demande humblement pardon.



Arthémisia 13/07/2010 22:16



je n'ai pas pouvoir d'absolution!!!!


D'autant que je pense que  Monsieur FREUD est hétéro. J'ai lu sur le net qu'il a peint plusieurs de ses maîtresses et qu'il a des enfants....enfin tu me
diras, cela ne justifie pas tout.


Et puis d'un autre côté ce n'est pas parce qu'il était ami avec BACON qu'il faut en déduire une quelconque homo ou bi-sexualité.


Mon Dieu, cela n'a pas vraiment importance!


Quand à "Large interior" ...il m'inspire moins que les portraits de personnages solitaires qui par essence se donnent plus. Une scène de groupe est d'emblée
plus composée, plus posée, plus figée qu'une figure seule qui -j'y reviens- s'abandonne à elle, et encore plus chez FREUD, en
elle.


(merci pour le lien vers l'expo)



laurence 13/07/2010 17:53



Ce que j'y ai vu moi dans cette exposition c'est que peu importe la forme du corps... le sexe... l'age...le rang social...ce qui donne la beauté... c'est le mouvement... son envolée ou son
abandon...


Merveilleuse exposition...concentrée...oui... mais pourquoi toujours tout voir...rester sur la promesse ...de cette chair mouvementée, éclairée de l'intérieur par le regard du peintre, l'émotion
comme une aura protectrice de tout ce qui peut être mesquin ou médisant l'événement de l'être de n'importe quel être en beauté...       



Arthémisia 13/07/2010 22:03



L'abandon certainement. D'autant qu'il se termine par le don.


Et l'aura aussi, au sens que lui donne Walter BENJAMIN, cette "chose" mystérieuse, voire magique qui transcende l'image au delà du simple réel, au-delà du
cru, ou même du sordide.



Bernard Moutin 13/07/2010 12:57



J'aime aussi beaucoup Freud, c'est un de mes peintres préférés, même si j'ai été un peu déçu par la dernière expo à Beaubourg (un peu limitée).


Mais c'est vrai que ces toiles sont souvent fortes, violentes et dérangeantes (notamment par l'affichage cru de l'homosexualité de ses modèles) et que je les mettrais pas au dessus de la cheminée
chez moi, sauf les "larges espaces"



Arthémisia 13/07/2010 13:07



A mon plus grand regret je ne pourrai pas voir l'expo parisienne.


En quoi perçoit-on l'homosexualité des modèles? Il me semble que pour l'oeuvre que je propose aujourd'hui,  rien n'ai dit sur les choix sexuels du
modèle.


Et je t'assure que moi, je les mettrai toutes autant qu'elles sont au-dessus de la cheminée (que je n'ai pas) d'autant que par exemple celle-ci est d'un
petit format.


Au moins ça meublera la conversation lors des dîners mondains, et fera fuir ceux que je n'ai plus envie de voir chez moi!


Mais je suis de ton avis pour  réserver à ces oeuvres des espaces larges tant les thèmes abordés méritent une grande liberté de champ visuel et
mental.



juliette b. 13/07/2010 11:01



Est-ce la fin d'une nuit d'excès solitaires, où l'après amour à deux....Elle est partie apr§s un dernier baiser sur ce sexe épuisé et si doux, ou bien elle va revenir avec un café....Et
que dit cette chéussette abandonnée.





Lucien Freud est un grand pentre, il m'impressionne





Bisoux



Arthémisia 13/07/2010 11:05



Ce qui fut n'est pas le principal.



Par contre la chaussette, à moitié enlevée, oubliée, abandonnée, n'est - elle pas la métaphore  du sexe, sinon de l'homme au seuil du jour?


Diablolique image de la  terrible solitude de l'après...





Bises


A.



la vieille dame indigne 13/07/2010 10:33



J'aime tout, Freud, ce tableau, toi, ce que tu écris, ce que tu ajoutes., et l'homme, oui, l'homme aussi je l'aime, comme ça, ou autrement.



Arthémisia 13/07/2010 10:40



MERCI!!!!!


Dois je t'avouer que j'ai hésité à publier ce texte et ce tableau? 


Après quelques secondes (pfff!) d'indétermination -  je crois que tu n'es pas la seule à être une VDI qui s'assume et se moque bien de ce que les
malveillants peuvent penser d'elle- et comme je suis partageuse, je me suis résolue à tout dire et à tout montrer.


Je crois même que les messieurs tout autant que les dames (jeunes ou vielles, indignes ou convenables) ne peuvent que s'en réjouir : l'homme est beau dans
son humanité.



iskander 13/07/2010 10:31



petit ajout : je viens de parcourir les commentaires... j'agrée ta vision de l'anti-macho tout autant que tes jugements sur l'art : oui ! vendons, jetons, brûlons tous les Renoir (je sais, je
m'enflamme facilement) pour un Bacon !



Arthémisia 13/07/2010 10:34



Vendons, oui! mais ne jetons pas, ni ne brûlons....il y a encore moyen de faire de l'argent avec les couvercles de boîtes de chocolats!



iskander 13/07/2010 10:26



le bas-ventre, le bas-monde... Cet outil formidable qu'est la main n'aurait-il pas pour fonction première le soulagement de l'homme par l'homme ? Merci de nous connaître si bien... J'aime
beaucoup ces phrases. 



Arthémisia 13/07/2010 10:28



Ce que tu me dis, Iskander, c'est simplement "merci d'aimer les hommes"...


Cela est il si extraordinaire?



lutin 13/07/2010 10:10



Alors négocie le prix pour deux, cela m'intéresse :-))



Arthémisia 13/07/2010 10:18



Ca restera probablement pour moi un éternel rêve...


Mais je peux essayer d'en voler : il y en a un petit au Musée Cantini .



lutin 13/07/2010 10:01



Mais nous sommes d'accord, Arthémisia nous sommes en train de dire la même chose. Je dois donc mal m'exprimer si tu ne me comprends pas. Je ne connais pas ton métier. Laisse moi Freud et je te
donne Renoir.



Arthémisia 13/07/2010 10:04



Bien sur que nous disons la même chose...ou à peu près!





Merci pour RENOIR mais je le vends immédiatement pour courir m'offrir un....BACON!





ps : j'enseigne les Arts Plastiques et le dessin d'anatomie.



lutin 13/07/2010 09:44



Ce qui dérange, tu le dis toi-même


 


Il y a dans cette oeuvre tant de refus, tant de malaise, de mal-être, de non-acceptation, de culpabilisation.


Il me semble en plus que ce tableau est une sorte d'appel, de SOS, la voix d'un homme qui a besoin d'être rassuré, conforté dans sa puissance physique (pour
ne pas dire virile) mais aussi dans ses incertitudes mentales


 


tout cela transperce la toile, l'homme en devient vivant en dehors du chassis, il est
là et te fait face



Arthémisia 13/07/2010 09:50



Cela ne me dérange pas. Ce qui me dérangerait serait de savoir sa douleur et qu'il ne la dise pas. La vie même douloureuse ne me dérange pas; je ne ferai pas
le métier que je fais sinon. Et à mon tour je fermerai les yeux...(autant dire que je mourrai!)





Je l'ai déjà dit ici maintes fois : mieux vaut un tableau aussi "lourd" soit il de FREUD qu'un bouquet compassé de RENOIR.( Avis tout
personnel!)



lutin 13/07/2010 09:16



Cette peinture de Freud est splendide et en même temps dérangeante, est-ce pour cela que l'homme se cache le visage, comme s'il suffisait de fermer les yeux pour ne pas être vu



Arthémisia 13/07/2010 09:28



Qu'est ce qui dérange?





La nudité? L'abandon? Ce qui a pu se passer avant? Le pourquoi de ce hic et ce nunc? le sexe montré mais le regard caché? Ou bien tout cela à la
fois?





Personnellement cette oeuvre ne me dérange pas. Pas du tout. Je la trouve extrêmement sensible et sensuelle. Elle dit l'exactitude, l'authenticité, le pur,
la vérité d'un homme et cela me la  rend terriblement attachante.





Bien sûr, fermer les yeux, se cacher les yeux, c'est ne pas vouloir voir, ne pas vouloir se voir, et aussi ne pas vouloir voir le regard de l'autre sur
soi.





Il y a dans cette oeuvre tant de refus, tant de malaise, de mal-être, de non-acceptation, de culpabilisation.


Il me semble en plus que ce tableau est une sorte d'appel, de SOS, la voix d'un homme qui a besoin d'être rassuré, conforté dans sa puissance physique (pour
ne pas dire virile) mais aussi dans ses incertitudes mentales.





Alors OUI! ...je réponds à l'appel de cet homme, et j'aime cet homme qui  nous montre toutes ses fragilités à commencer par celles liées à sa
sexualité.


 


L'anti-macho.


 


 



laurence 13/07/2010 07:05



vraiment quel lacher prise dans ce mouvement...c'est beau...



Arthémisia 13/07/2010 07:11



C'est beau un homme qui doute.