Mardi 17 avril 2012
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Après les huit heures de cours de la journée, elle s’était glissée sous la couette.
Il faisait de nouveau froid en cette fin avril et les élèves étaient de plus en plus indisciplinés. Les sortir visiter l’opéra avait été une pure folie.
Elle aurait pu dormir jusqu’au lendemain, mais elle fut réveillée par des coups
épouvantables frappés contre la vitre ; un oiseau se trouvait pris au piège entre la fenêtre et les volets qu’elle avait juste écartés et coincés par l’espagnolette. Il se débattait
frénétiquement dans cet espace étroit dans lequel il ne pouvait même pas déployer ses ailes, se cognant violemment, affolé, ne sachant plus où trouver la sortie.
Sa danse macabre dessinait des ombres frénétiques sur les murs de la
chambre.
Elle ne savait quoi faire. Si elle ouvrait la fenêtre, il était évident que l’oiseau
allait immédiatement pénétrer dans la pièce.
Elle se sauva lâchement dans le salon, en fermant la porte avec sureté, ne voulant
surtout plus entendre les chocs du volatile contre la vitre. Elle espérait qu’il arriva seul à ressortir du piège où il était entré.
Quand elle revint dans la chambre après le dîner, l’oiseau reposait sur l’appui de la
fenêtre, mort.
Elle poussa son corps dans le vide avec un journal qui traînait sur la table de nuit,
et le vit, les ailes étrangement ouvertes, mais le ventre en l’air, atterrir sur le trottoir dans une position indécente.
Elle alluma son ordinateur et écrivit l’article numéro 1620 de son
blog.
Où était l’indécence ?
© Arthémisia – 04-2012
Avec : Joan MIRO – Personnage et oiseau –
1973
Fondation MIRO - Barcelone
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