J'écris des marginalia*(1) en général au crayon à papier.
J'utilise tous les espaces vierges des livres pour y écrire des notes de lecture mais aussi des textes qui n'ont rien à voir avec ce qui y est typographié.
J'écris petit, pitoyable, sans place. Je n'habite pas, n'ai pas de place, vis dans l'étroit. Je n'ai pas de sens ; parfois de haut en bas, parfois horizontale, je penche, tombe, décline en toutes directions. Je fais moche, misérable, étriqué, peut être émouvant.
Et parfois, je l'avoue, je vais pire : je palimpseste *(2). En vert, en bleu, en rouge - c'est le top, le rouge ! - oui, oui ! au stylo bille ou même au feutre, j'écris par-dessus le texte.
Et là, je vole, j'occupe, je pirate, je m'empare, je squatte, je m'installe, m'étale voluptueusement. Je fais grand, grandiose, large et même grandiloquent.
(Ne craignez rien...je ne fais pas ça dans mes Pléiades, ni dans les livres auxquels je tiens pour des milliers de raisons.)
Et le pire c'est que je gratte... sous la couette...
*(1) J'ai volé le mot marginalia à Edgar POE, qui en a fait le titre d'un de ses livres.
*(2) Le mot palimpseste vient du grec « qu'on gratte pour écrire de nouveau ».
Copyright © Arthémisia - mai 2008
Illustration : Pierre ALECHINSKY - Table réservée.
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